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Auteurs - Page 32

  • "Leçon de chinois" : Gérard Macé, éditions Fata Morgana, 72 pages, 15 avril 1981

    Dans "Idéogrammes en Chine" (éd. Fata Morgana, 1985), Henri Michaux parlait ainsi de la langue chinoise :

    "Toute langue est un univers parallèle. Aucune avec plus de beauté que la chinoise.
    La calligraphie l'exalte. Elle parfait la poésie ; elle est l'expression qui rend le poème valable, qui avalise le poète.
    Juste balance des contradictoires, l'art du calligraphe, marche et et démarche, c'est se montrer au monde. - Tel un acteur chinois entrant en scène, qui dit son nom, son lieu d'origine, ce qui lui est arrivé et ce qu'il vient de faire - c'est s'enrober de raisons d'être, fournir sa justification. La calligraphie : rendre patent par la façon dont on traite les signes, qu'on est digne de son savoir, qu'on est vraiment un lettré. Par là, on sera... ou on ne sera pas justifié.
    La calligraphie, son rôle médiateur, et de communion, et de suspens.
    Une langue, en Occident, qui aurait eu seulement une parcelle des possibilités calligraphiques de la langue chinoise, qu'en serait-il advenu ? Les époques baroques qui s'en seraient suivies, et les trouvailles des individualistes, les raretés et bizarreries, excentricités et originalités de toute sorte..."

    Une approche à peine différente de ce monde : l'empire du Milieu, est celle de Gérard Macé qui signe ici son quatrième livre, après son entrée dans le monde des Lettres avec "Le jardin des langues", publié en 1974 chez Gallimard (coll "Le Chemin"). "Leçon de chinois" est un recueil composé sous forme fragmentaire - forme dont le précurseur fut La Bruyère, avec ses "Caractères" - ouvrant pour le lecteur autant de pistes qu'il est possible, sans que l'auteur ait voulu garder pour lui le dernier mot, filant la phrase avec le rouet de son ressenti. L'intelligence en tête, toujours en observateur, toute arête brisée et substance confondue, Gérard Macé laisse naître sous les mots la fluidité nécessaire à la découverte, à l'écoute de "la conversation sans bruit des signes entre eux". Ce, depuis le champ du réel qui coule ici de source, jamais contraint dans une approche restrictive - ou glacée, comme celle d'un Barthes dans ses "Carnets du voyage en Chine", éd. Christian Bourgois, 2009.
    Mais écoutons plutôt ce qu'en dit Gérard Macé :

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  • "Feuilles de tremble" : Jean Lescure (1912-2005)

    En ces temps carnassiers, la poésie resterait ce qui continue de briller, même les yeux fermés  - quand à mon sens il convient de les garder ouverts, et par elle réduire autant que faire se peut ce qui blesse et l'âme et la raison.

    ... Ceci dit, c'est de Jean Lescure dont il est question ce jour. On se souvient qu'il fut revuiste, éditeur, comme le traducteur des Cinq Livres du poète italien Giuseppe Ungaretti (Minuit, 1954) ; qu'il fut, en 1960, l'un des fondateurs de l'Oulipo où il "inventa" la contrainte dite "S + 7", pour se voir reconnaître le titre de "régent d'anabathmologie" du collège de pataphysique. On citera en particulier, dans son œuvre de poète : La plaie ne se referme pas, Charlot (un éditeur dont j'ai déjà eu l'occasion de vous parler, cf : http://diereseetlesdeux-siciles.hautetfort.com, rubrique Editeurs, note du 17/1/2017), paru en 1949 ; Drailles, chez Gallimard, en 1968 ; Itinéraires de la nuit, chez Clancier-Guénaud, en 1982 ; Gnomides, chez Proverbe, en 1999. 
    Ici, ce sont des feuilles de tremble - un arbre au nom si évocateur, texte écrit par en hommage aux "Jardinières du jardin perdu" - feuilles qu'anime pour nous Jean Lescure :

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  • "Fandango" de Sergi Pàmies

    Pour Sergi Pàmies, écrire est "un métier aussi digne ou indigne qu'un autre", et son histoire est liée à celle de ses parents, dont le père fut exilé politique, ainsi qu'il s'en est fait le témoin dans Chansons d'amour et de pluie (éd. Jacqueline Chambon, 2014). Né à Paris en 1960, il n’apprend le catalan qu’à l'âge de dix ans, quand ses parents rentrent à Barcelone, mais c’est cette langue qu’il choisit quand il devient écrivain. Journaliste à El País, il travaille également pour la radio et la télévision. Il est aussi traducteur, de Jean Echenoz, d’Amélie Nothomb, Guillaume Apollinaire, Daniel Pennac et de Jean-Philippe Toussaint notamment. Depuis 1983, avec Aux confins du fricandeau jusqu'en 2021 avec L'Art de porter l'imperméable, Sergi Pàmies a été publié aux éditions Jacqueline Chambon, pour ses huit livres parus, et traduit principalement par Edmond Raillard.
    La nouvelle de ce jour a été écrite en 1988 :

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