Journal du 7/8 juillet 2026, de Daniel Martinez (extraits)
Quelque chose qui glisse, s'échappe au-delà, semblable aux rêves d'eau que je fais, eau qui me baigne, eau qui m'entoure, eau que je ne peux saisir, eau qui me prend. Fuyante, autant que provocante, elle provoque pour fuir. J'aimerais l'arracher à sa fuite, la retenir, la serrer entre mes mains : comme dans certains rêves où l'on voudrait secouer l'entraperçu, briser ainsi la sensation du rêve, qu'il s'interrompe et nous donne la réalité. Du souvenir naît alors la construction, ou plutôt la reconstitution. Car tout procède de la recherche, rien ne se doit mais s'enrichit de la part du monde que chacun dévoie à sa façon, dans un insensible glissement de l'objet au sujet.
