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Journal - Page 7

  • "Le bâtis du temps", poème de Daniel Martinez

                                                                     à Jean-Paul B.

    La Croix du Sud décline sur l'horizon 
    la barre de l'aube apparaît déjà
    par la campagne noire

    il fait jour au moment
    où tu atteins le petit clos
    et toute la grande plaine s'envole alors 
    jusqu'aux quatre horizons
    puis se tourne en infime poussière 
    que les vents par moments balaient
    des silhouettes de blanc vêtues passent sur le fond
    franchissant la pénombre des cyprès 
    plus hiératiques que des pyramides
    plus énigmatiques que des obélisques
    baignés dans la transparence d'un ambre liquide
    pareil à la 
    lumière d'un antre marin
    fondu aux racines chromosomiques des astres


    Entre les miroirs confrontés
    tant d'êtres probables sans lieu précis
    sinon l'attente du sens en instance
    entre nous-mêmes et le réel
    moment de grâce où les choses soudain
    se délient s'expliquent l'une par l'autre
    sans le cortège des peines
    ni celui d'un destin caché
    mais sous l'éclat des soies profondes 
    livrées aux lignes d'une vie 
    passée à quêter le bâtis du temps
    dessous la robe d'eau volatile
    et les rires étouffés d'un autrefois
    remisé sous les arbres
    qui te saluent de loin


    Daniel Martinez

  • "Tombeau de ma mère", opus II, poème de Daniel Martinez

    Sur l'écran face à toi
    deux fleurs de lotus immobiles
    attendent que se déplient tes mains
    injonction des tréfonds
    écritures du Cratère
    détournées des bontés de la vie

    elles hantent l'Espace 
    la première neige est si douce au toucher
    au moindre son qui te parvient
    et la soustrait au saisir 
    depuis la vaste salle aux pas feutrés
    seule souveraine réalité 

    drapée de rideaux bleus 
    dans le vide qui les absout
    sa vacance injectée


    Poussière aveugle et voyante
    emblèmes inconnus brûlantes gouttes d'eau
    dans l'avril le réseau des nerfs
    conjugue une arithmétique de particules
    et là te voici les yeux absents
    fleur de cécité 


    Toi qui passes en revue
    ces épisodes de sa vie

    en un défilement continuel
    dix fois ailés
    est-ce mémoire ici même
    ou là
    gouttes carminées 
    comme dernière offrande

    et source absolue 


    Daniel Martinez

  • "Matin", un poème de Daniel Martinez

    Au second plan la ville s'éveille
    tu dors à mes côtés paisible
    tandis que sur le fauteuil de crin
    un bruissement soyeux s'échappe
    celui de l'âme comme un secret 
    émouvant de proche en proche le corps et l'esprit
    le jour descend le long du store avec application
    la semaine commence ainsi va l'automne
    brouiller de rosée les arabesques des balcons
    elle étonne les formes grises ou vertes
    le chuintement du ressac
    émaille des boutons de lys
    leur odeur suave
    s'infiltre
    on commence à deviner le décor

    qui menace de nous emporter
    floraison fructification au bout de tes doigts
    se dissipent des semblants de paysage
    c'est là que je me suis aperçu
    que je ne rêvais pas
    mais que le reste de ton visage
    qui revenait de loin
    soufflait une fabuleuse image
    une mèche étincelante la traversait
    qui tachait la matière transparente de l'empyrée
    entre mille petits camées bruns éteints
    nous chatouillant au passage griffant l'oreiller
    les mains trop gourmandes
    ont soif
    de retrouver les silhouettes des peupliers

    et que dans la chambre transparaisse
    le plus beau de nos leurres peut-être


    Daniel Martinez

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