Journal - Page 8
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Cendre coupant le signe
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"Fibrillations", un poème de Daniel Martinez
Sifflets d'or des millénaires
à l'image de nos désirs
quand le flux sanguin se transmue
en cascades dont les cristaux
rayonnent dans la nuit du corps
avec les flocons de l'encre
Vous marchez sachant l'influx
d'une musique intérieure indéchiffrable
d'une constellation élective
où tremble ce qui fut à l'origine des végétaux
pris dans le silence du paysage
Entre les mains de vos yeux
un regard sur le pont infranchissable
laisse grésiller les formes des veilleuses
Vous marchez pulsée par les lèvres de l'air
et parlez une langue aux mille bouches
où commence l'autre murmure
dans la minute même
chaque durée rendue
au remembrement des saisons
avec cette façon de tendre le mot
jusqu'à son expiration
pour la moisson d'un soir
dans l'immense tendresse éparse
accordée à l'œillade d'une belle égarée
face à la Porte
où la ciellée pousse ses boucles
descendent jusqu'
aux succulentes métaphysiques
du couchant fragments du tissu
dont chacun nous sommes faits
Daniel Martinez
le 29/5/25 -
"La matière aveugle de l'étendue", un poème de Daniel Martinez
On commence d'attendre le retour
de ce qui ne reviendra pas
à tailler dans le vif
l'espoir
l'écorce des pins
de s'en souvenir
quand les brumes auront
recommencé leur cycle
sachant la mémoire
volatile
On commence à respirer
l'odeur d'un sang intérieur
celle des mots pauvres
face aux choses
veuves de leurs propres ombres
la paix se paie ainsi
d'entre les coquillages perliers
arrachés au roc
c'est en elle
que la brûlure s'estompe
Les chiffres inversent
le sens du mot "être"
et les reflets roux de la lumière
sont ces formes
que les yeux visitent
à mesure emportées
par celles qui chantent
la matière aveugle de l'étendue
Daniel Martinez
le 22/5/25