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Journal - Page 5

  • "De la mélancolie", un poème de Daniel Martinez

    Et l'eau recouvre l'eau
    un navire remonte jusqu'à 
    prendre le visage
    d'une lointaine déchirure
    dans les coulisses d'un miroir
    elle voyage en elle-même
    sur le seuil surprise du ciel
    qui se coule dans la pénombre
    et continue de scintiller
    pour lui signifier le bruit de la nage
    au retour vers le rivage
    un soleil fauve l'effleure
    l'infini devenu mouvement
    sous le fouillis des heures
    s'avance cette onde qui va
    encombrée d'écritures
    l'arracher aux soumissions
    étreindre la peau tendre
    de ses pieds nus

    Elle est là souveraine
    dans l'embrasure de la porte
    qui te sourit jupons ébouriffés
    jalousée par les dieux maladroits
    fixant les cheminements de la mémoire
    et les délices de la mélancolie
    au travers d'un natté jaune d'or
    une idée d'herbe remuée sous les mains
    où l'on écoute le rien pénétrer
    une histoire qui serait la sienne
    quelque chose qui se rapproche 
    de ce qu'elle appelle de ses vœux
    qui couvrirait ses chevilles glacées
    muette mais certaine
    des grands épanchements
    qui président à notre destinée
    quand vole file et flotte 
    la musique du vertige
    et que reste inentamée
    la chimie des vagues
    ouvertes au plus offrant
    aux choses que le temps
    divise pour les réconcilier


    Daniel Martinez
    12/8/25

  • "Par qui", un poème de Daniel Martinez

    Tu le revois sous la cassure de l'orage
    une évanescente main de cartes
    passée entre les doigts l'écho d'un rire
    comme si ce n'était pas toi l'adolescent
    nos visages se touchent mais aucune parole
    ne vient enluminer les herbes de juillet


    Villes d'or assoupies cités imaginaires
    qui furent accordées
    aux yeux ronds des oiseaux 
    est-il même certain que d'éclats en éclats
    entrevus dans ces moments où
    la contemplation absorbe 
    la pâleur qui s'élève 
    une promesse peut-être
    lancée à la va-vite
    noyée dans l'ocre du mur
    soit réelle puisse infléchir le chemin
    pour le sublimer plus que l'identifier


    Lui s'élançait dans le paysage flou
    désireux de repousser l'échéance
    le demi-jour cendré
              il avait fini par regagner
    le pays de ses lectures
    quand des perles filaient
    sur le bois des fenêtres
    derrière feuilles ronciers
    lianes rideaux de lierre
    roulaient sur des photographies
    à bordures dentelées
    avec cette couleur étrange
    que prennent les iris
    remis à l'espace      dissocié du temps

    Tu le revois au pied des trois jarres 
    laissant mûrir les minuties et le grandiose
    sans renier l'assise le syllabes de l'eau
    l'haleine même des mousses sur la pierre
    comme au fond du texte voyage l'inscription
    qui serpente et se perd
    fait germer l'infime phrase
    que d'invisibles fils arrachent à la mémoire
    entre le ferme le mouvant


    alors eux deux s'arrêteront là
    sans plus ni moins
    que l'esprit d'aventure
    propre à ceux qui ont voulu
    se reconstruire avant de ne plus se dire


    Daniel Martinez
    le 20 / 7 / 25

  • "Abstraite", un poème de Daniel Martinez

                      
    Où l'esprit des images ne serait plus
    que le pendant
    de ce qui nous fait défaut
    où l'astre depuis les monts
    disperserait la gloire de la rosée
    en eau de larmes


    Si la nature n'est pas un temple
    mais sous le fredon de la roche 
    et les c
    oraux de nos entrailles
    fait grésiller de maigres buissons
    répliques du corps étreint
    par les signes dont l'extension s'écrit
    dans un cercle infini
               
    Si la sève à la brune
    prenait couleur de sang
    et les vents en nous inspiraient
    plus que l'air nécessaire
    aux arceaux des heures
    légères les légendes jetteraient 
    nues dans le ventre nu de la femme
    l'écho de l'écho
    déjà presque sans voix
    le fruit d'un miel opaque
    entre l'eau et l'air


    Elle aurait pris le nom d'une île
    arrachée au hasard
    de la longue nuit minérale
    survenue sans crier gare
    d'un battement des paupières 
    d'un cillement à l'autre


    Elle aurait pris sous ses mille yeux
    couleur de la Question
    des rythmes et des forces
    qui se liguent et se livrent
    sans fin

    Daniel Martinez
    le 18/7/25



     

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