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Laisser se perdre un son à peine est-il formé un sens, à peine formulé surgir s'enfuir écarter du regard le sceau de la poussière inciser le cœur noir du soleil qui chuchote dans l'orme attentif mille complaintes et mouvements de plumes le couver d'un souffle pénétrant celui-là même qui se joue des frontières et des rites route blanche vaisseaux de l'écorce où s'accumulent des petits riens semblables à notre histoire grevée de fumées traversée du dessein de puissance
Laisse se perdre ta voix sous les sifflets du vent car tout se défait à l'écoute des sables au double vide du saut de l'acrobate tu reviens de loin l'horizon penche et couvre un moment les partitions Diane reprend une gigue en ré majeur de Nicolas Chédeville le dernier des trois frères qui firent de la musique flamme nouvelle bois plutôt la beauté sous l'infime rumeur du chaos
Et de grâce laisse tourner à l'aigre le mauvais vin, se flétrir la pourpre du rhododendron s'embraser les poignets du jongleur sans savoir où demain nous conduira car telle est dans le fond comme dans la forme l'ambiguïté fondamentale qu'il importe de ne pas lever
L'espace métissé la mer en racines l'eau de l'eau qui sculpte le fossile sous les lacis que strient bossellent les paradoxes du vivant mémoire dont le tracé fige les élans de l'onde en ses haillons laiteux et qu'importe si l'emporte la main de ronces des récifs
Lointaine et proche l'image plus bas descend vole sous les voûtes improvisées cent fois le bleu-violet de l'air depuis les landes jaunes cheveux défaits
Touche le fond ses îles immergées touffes chimères jardinières du silence et pluies d'aérolites ravalés par la chambre d'échos Vois comme se donnent sur les parois cristallines le musée des mots éveillés soudain dont le masque tire par le regard tout ce qui hésitait en nous au cœur de l'épaisseur fruits de l'abysse nés du non-sens apparent de la matière
Entre le monde et toi l'œil de l'artère s'est fait robe d'anémones rouille d'octaves réenchantées où tout déteindrait sur tout de halte en halte tu vas et tu fredonnes dans l'absolu imaginaire
Brûlantes les lèvres passent du corps au cœur des roses noires qu'infiltrent brumes et flots brouillés