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Deux mois à peine après que Roger Munier avait terminé d'écrire "Le Visiteur...", soit le 22 mars 1983, son éditeur fit paraître ce livre, bien dans le ton du philosophe-poète, dont la langue épurée autant que réfléchie ouvre sans discontinuer le champ sémantique et dénonce les faux-semblants de la pensée : dans un souci de rigueur qui tente de délivrer les mystères du monde que l'écrivain scrute pas à pas, d'un fin regard de connaisseur. En préface à ce livre, Roger Munier précise : "Il (ndlr : le Visiteur) est le sens qui se diffère, l'espoir ou la vision qui s'offrent autant qu'ils se dérobent, la sérénité, en un mot, de l'attente qui n'est qu'attente, mais s'illumine comme attente."
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"Lettres gersoises" de Serge Safran, éditions du Laquet, coll. Terre d'encre, fév. 1999, 128 pages, 9 €
Serge Safran est né à Bordeaux et vit à Paris. Auteur de livres de poésie, récits de voyages et théâtre, il a d'abord partagé son temps entre son travail d'enseignant (professeur de lettres en lycée et collège à Sarcelles), de journaliste (notamment au Magazine littéraire), et de directeur aux éditions Zulma qu'il fonde en 1991 avec Laure Leroy.
En 2011, il crée, au sein de Zulma, le label Serge Safran Éditeur, publiant deux à trois titres par an.
Auteur de quinze livres, il poursuit ses publications personnelles, notamment son Journal intime : L'écueil de naître, dans La Revue littéraire.Le livre dont j'ai choisi un extrait, Lettres gersoises, fait partie de ses écrits intimes ; il a été publié dans une sympathique maison d'édition : les éditions du Laquet, où Gil Jouanard (écrivain évoqué il y a quelques jours dans ma note blog - rubrique Auteurs - sur C'est la vie) y a publié par deux fois, soit : Maramures - Terra incognita ainsi que Paris villages - Etapes a capella à travers l'harmonia mundi,
Très actif comme éditeur, est annoncé en librairie le 9 janvier 25 : La double personnalité du criquet, chez Héliopoles collection Serge Safran.
Pour l'heure, voici la cinquième lettre adressée à sa douce T., sur les dix-neuf que comprend l'ouvrage. En avant-propos, Serge Safran a écrit :
"Un jour, des amis m'ont invité à partager leur immense demeure. Dans le Gers. L'amour était dans l'air, ainsi que dans les cœurs. Là, me dirent-ils, tu peux faire ta chambre, construire ton bonheur. Je leur obéis. J'étais désœuvré, désargenté, seul... L'amour vint. Puis il partit. Moi aussi. La vie l'emporte, c'est ainsi. Voici les lettres. Elles sont donc gersoises." -
"C'est la vie", de Gil Jouanard, éditions Verdier, janvier 1997, 112 pages, 80 F
Un livre qui m'a accompagné dans nombre de voyages, comme il en a été du Migrateur de Henri Thomas. C'est dire qu'il m'ont (autrefois) escorté dans mes périples à l'étranger, de plus en plus rares ces temps-ci. Ainsi va.
Dans C'est la vie, Gil Jouanard tient le journal des ses périples par train, avion, de Bruxelles à Cracovie, de Mělník à Dublin, d'une grande ville du Sud américain à Helsinki, sans compter ses nombreux voyages aux quatre coins de l'Hexagone. Le lecteur a quelquefois l'impression d'être dans la salle de transit d'un aéroport et on admire l'auteur de pouvoir/savoir figer sur le papier ses impressions du moment, qui sans cela se seraient perdues dans le labyrinthe de la mémoire, pour capricieuse qu'elle se montre quelquefois, ou plutôt souvent, dès que le temps a passé.
Depuis Montpellier, Gil Jouanard écrit, en ce 13 juillet 1994 : "C'est cela la vie : apprendre le monde jusqu'à l'être devenu, avant de se restituer au vide sans marge, bien en deçà et au-delà du réel." Ce voyage dans des espaces si divers débute en 1978 et prend fin le 15 février 1995. Le livre quant à lui sera édité deux ans plus tard, par un authentique éditeur, aux livres à la couverture d'un jaune solaire !, qui ma foi incitent à la lecture.