Auteurs - Page 2
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Dans ce livre, peu cité dans la bibliographie de Ionesco, livre (rare) écrit en même temps que paraissait sa pièce de théâtre "Pour préparer un œuf dur", l'auteur nous fait part de sa conception de l'humour. Dramaturge, essayiste, romancier, conférencier, Ionesco a su, par un retour constant sur lui-même et les pistes tracées par sa propre écriture, donner ainsi relief - par ses entretiens ou même ses préfaces - aux non-dits de ses textes, pour y trouver, retrouver de quelque manière, la clef spirituelle : celle qui ouvre les portes du préconscient afin de donner écho à la dynamique interne de ses pièces de théâtre. Un faible avoué pour Rhinocéros, qui colle si bien aux temps présents, faits d'aveuglement consenti.
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"Terre des hommes" : Antoine de Saint-Exupéry, éditions Gallimard, décembre 1953, 224 pages, 360 fr
Ce n'est pas l'édition originale - qui date de février 1939 - que j'ai entre les mains, mais une réédition parue moins de deux mois après qu'a été publiée la première mouture dans la collection la Pléiade des œuvres de Saint-Exupéry, avec une préface de Roger Caillois. Le côté Journal de bord de ce livre m'intéresse (quoi qu'il fût récompensé par le Grand Prix du roman de l'Académie française, alors que ce n'en était pas un), recueil qui devait initialement avoir comme titre "Etoile par grand vent".
Dans cette œuvre autobiographique, Saint-Exupéry compile une série d'articles parus dans L'Intransigeant en 1936 (un quotidien de dix pages tirant à 130 000 exemplaires). Des huit chapitres qui composent le livre, j'ai choisi des extraits du cinquième d'entre eux, intitulé "Oasis" : un récit unique en son genre, où l'auteur, recueilli par des fermiers, fait la découverte d'une sorte de "paradis terrestre", où les animaux les plus divers vivent de concert, en bonne intelligence avec le monde humain. C'est en Argentine qu'a lieu cette aventure. Vous y verrez de quelle manière Saint-Ex. conduit par étapes le récit, l'entrée en scène des personnages, le rythme de son écriture même, sans ce pesant d'autres auteurs de son époque, mais bien en rebondissant sur ce qu'il vient juste d'évoquer, d'une phrase, d'un paragraphe à l'autre. On comprend mieux l'éditeur d'avoir ainsi voulu valoriser, en le rééditant post mortem, ce livre en particulier, entre ceux regroupés dans le premier tirage des Œuvres complètes de Saint-Exupéry dans la Pléiade (Courrier Sud - Vol de nuit - Terre des hommes - Pilote de guerre - Lettre à un otage - Le Petit Prince - Citadelle).Voici :
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"Elévation et mort d'Armand Branche", de Georges Duhamel, Bernard Grasset éditeur, 48 pages, 20 novembre 1919, 500 exemplaires sur vélin à la forme des Papeteries d'Arches (+ 12 HC)
Durant la Première Guerre mondiale, Georges Duhamel décide de s'engager dans le service actif, alors qu'il avait auparavant bénéficié d'une réforme médicale en raison de sa vue. Il veut faire don de lui-même et partager les épreuves des hommes de sa génération. À partir de 1914, il occupe pendant quatre ans les fonctions de médecin aide-major dans des "autochir" (ambulances chirurgicales automobiles), dans des situations souvent très exposées. Alors qu'il exerce près du front de Champagne en 1915, puis participe à la bataille de Verdun et à la bataille de la Somme, il décide de raconter les épreuves que les blessés subissent. Deux romans naîtront de cette expérience : d'une part Vie des martyrs, paru en 1917, un recueil de récits qui connaîtra un certain succès. La presse compare ce livre au roman d'Henri Barbusse, Le Feu, lauréat du Prix Goncourt en 1916. Georges Duhamel entreprend ensuite la rédaction de Civilisation, livre-témoignage sur les ravages de la guerre. Le livre sort en avril 1918 sous le pseudonyme de Denis Thévenin car Duhamel ne veut pas être accusé de profiter de la guerre pour faire de la littérature et reçoit le 11 décembre 1918 le Prix Goncourt.
Juste après ce Prix, Georges Duhamel écrivit "Elévation et mort d'Armand Branche", un livre étonnant où le narrateur opère un flash-back pour nous conter l'histoire d'un soldat pour le moins fantasque, victime de la Grande Guerre. Les valeurs humanistes de Georges Duhamel transparaissent, il se pose ici en témoin et emporte ainsi le lecteur par effet miroir, pour finir avec : "Tout cela peut vous paraître absurde. Je me rappelle seulement que, quand Branche expira, j'avais pris ses deux mains dans les miennes..."
Pour les lecteurs de ce blog, voici un extrait de ce livre, peu cité dans la bibliographie de Georges Duhamel, à tort.
Voici :