Auteurs - Page 38
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Dernier livre de Marguerite Duras, décédée le 3 mars 1996, dont elle a pu corriger les épreuves mais qu'elle n'a jamais vu imprimé, on ne peut se le procurer aujourd'hui que dans sa version numérique (...). De 1980 à 1994, Marguerite Duras et sa jeune amie photographe Hélène Bamberger ont réalisé de petits voyages en Normandie, mais aussi dans son appartement de la rue Saint-Benoît à Paris. Peu à peu les itinéraires et les cadrages ont été dictés par l'écrivain qui présente dans ce livre "son" paysage, via des images de très nombreux lieux, maisons, objets qui retenaient son regard. Yann Andréa, son compagnon rencontré en 1980 et qui l'accompagnera jusqu'à sa mort, la conduit dans ses courts périples avec la photographe chargée de garder mémoire de ce que sont, de ce que furent ses derniers points d'attache à la vie.
Plus tard :
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"Précis de l’hors-rien, un petit opéra muet pour les poules, les astres et les océans", Matthieu Messagier, illustrations de Simon Messagier, Fata Morgana, 2001, 24 pages
Matthieu Messagier a participé au numéro 64 de Diérèse (mars 2015, page 169 à 195) en me confiant des extraits de son Journal, qui n'ont pas été repris en livre, intitulés : "Les arts blancs de la varicelle (débris d'un journal éperdu)" :
"Je suis né du bruit de mars
Que font les crues
Lorsqu'elles frottent leur ventre mystérieux
Sur les rêveries de la nuit
Et puis
J'ai dépensé toute ma fortune
Dans mon style(parenthèse soyeuse).
"Précis de l'hors-rien", recueil bellement illustré par Simon Messagier, se présente assez souvent comme des notes d'hôtel, un peu à la manière de ces cartes à en-tête que Matthieu envoyait pour accompagner ses messages, toujours écrits (il n'avait pas d'ordinateur, et ne conservait pas toujours de copies de ses poèmes, en vers ou en prose). C'était aussi un authentique plasticien, en digne fils de Jean Messagier. Il fut l'un des principaux acteurs de "La génération Electrique/ spontanée, imprévue et inéluctable/ C'est ce qui en fait la force,/ Et, cet indispensable lien/ Entre surréalisme-dadaïsme/ Et la Beat Generation/ Sous l'égide pariétale du Grand Jeu" (Diérèse 64).
Matthieu Messagier, dandy féru de mystères légers comme l'air, qui se plaignait de "l'effroyable médiocrité du réel" a rendu son tablier "au détachant du destin" le 1er juin 2021. Ainsi fut. -
"L'Empreinte" : Pierre Bergounioux, éditions du Laquet & François Janaud, septembre 1997, 96 pages, 55 F
Pour Pierre Bergounioux, dont le Journal (couvrant les mois de juin et de juillet 2021) paraîtra in Diérèse 83, l'année 1997 est la plus riche en termes d'édition. Avec : La mort de Brune, Gallimard/Folio ; La ligne, Verdier ; L'empreinte, éditions du Laquet et François Janaud ; La demeure des ombres, éditions Art & Arts et Kpélié, éditions Flohic.
Le livre présenté ce jour, L'Empreinte, a été réédité quatre ans après une première édition à tirage limité de la maison François Janaud, ouvrage alors accompagné de lithographies d'Henri Cueco.
Signalons que les éditions du Laquet ont eu une durée de vie de 18 ans (1991-2009) ; leurs collections - (peut-être trop) riches en auteurs publiés - se voulaient l'équivalent de ce qu'a tenté Claude Michel Cluny avec la défunte collection Orphée des éditions de La Différence. Le prix de chaque ouvrage était abordable (11,50 € actuels), mais le support médiatique notoirement insuffisant... Ainsi fut.
Pour revenir au Journal de Pierre Bergounioux publié en Carnets chez Verdier depuis l'année 2007, voici la couverture de son premier opus, d'un jaune solaire autant que printanier, bien venu :