Auteurs - Page 22
-
La collection "Terre" était dirigée par Gaston Puel et Thierry Bouchard, qui justifiaient ainsi ce titre :
-
"Cyprès d'orage", de Pierre Torreilles, tiré-à-part de la revue Solaire, septembre 1975, 16 pages, 300 exemplaires
Ce titre renvoie à un livre futur de Pierre Torreilles paru chez Gallimard en 1992 : Où se dressait le cyprès blanc. Un poète que les tenants de l'anti-lyrisme ne porteront pas aux nues, vous connaissez ma position sur le sujet (il n'y a pas un lyrisme, mais différentes formes de lyrisme, allant du "dépouillé" au "critique", avec tous les stades intermédiaires ; dans ce domaine en particulier, toute simplification entrave la compréhension plus qu'elle ne la libère. Pour reprendre l'expression de Michaux, cet "indéfiniment insaisissable" qui nous intéresse fait feu de tout bois, il est quête d'authenticité d'abord : à ce titre, il inclut bien plus qu'il exclut.
... Jean Orizet (in Les aventures du regard - Des poètes et le poésie, éd. Jean-Pierre Huguet, 1999) parle ainsi du poète et libraire qui nous a quittés en 2005, Pierre Torreilles, fondateur de la librairie Sauramps à Montpellier. : "A la vérité, Pierre Torreilles... est un distillateur de mots, un virtuose de la respiration et de la pause, un adorateur du verbe simple ou rare. Il y a du Valéry et du Mallarmé chez lui, mais un Valéry dont la forme serait totalement libre, ou un Mallarmé qui aurait subi l'éblouissement solaire et sensuel de la lumière grecque du Midi. Oui, la poésie de Torreilles est le chant d'un aède et d'un troubadour." -
"La Tendresse" de Jacques Ancet, Mont Analogue éditeur, juin 1997, 120 pages, 500 exemplaires
Généralement non mentionné dans la bibliographie du poète, romancier et traducteur Jacques Ancet, ce livre - d'une étonnante proximité avec le réel le plus immédiat, intériorisé à mesure - qu'ont précédés "L'incessant (Flammarion, 1979), La mémoire des visages (Flammarion, 1983) et Le silence des chiens (Ubacs,1990) [qui] constitue en fait le dernier chapitre (que les vicissitudes de l'édition ont empêché de paraître plus tôt) d'un texte écrit entre 1974 et 1984.
Ce texte, je le vois aujourd'hui non pas comme un récit, c'est-à-dire, malgré méandres et ruptures, une linéarité (commencement, développement et accomplissement), mais, dans le surgissement imprévisible d'une voix et d'une irrépressible altérité, comme un récitatif en quatre mouvements, dont j'ignore s'il pourra un jour être publié en un seul volume intitulé Obéissance au vent." ainsi que l'auteur le précise dans son avant-lire. Signalons que La Tendresse est le second livre publié par Jacques Ancet au Mont Analogue. Le premier fut, en 1996, Silence corps chemin (en fait la réédition d'un texte écrit en 1973, publié initialement par Edmond Thomas).
... Ajouter ici que le défunt Mont Analogue a toujours effectué un travail de qualité, il a ainsi pu donner voix à des auteurs tels que Hervé Carn (Avec Sima), Alain-Claude Gicquel, Jacques Izoard (Entre l'air et l'air), Francis Coffinet (Contre le front du temps), Thierry Maricourt (La Limonade sans bulles)...
Pour mémoire, Diérèse a eu le plaisir d'accueillir par trois fois Jacques Ancet dans ses numéros 50, 52-53 et 84.Des extraits de La Tendresse dont voici l'exergue :
La tendresse prend naissance à l'instant où nous sommes rejetés sur le seuil de l'âge adulte et où nous nous rendons compte avec angoisse des avantages de l'enfance que nous ne comprenions pas quand nous étions enfants. Milan Kundera