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Diérèse et Les Deux-Siciles - Page 92

  • "Le Pont traversé" de Jean Paulhan, éditions Spectres familiers, printemps 1986, 72 pages, 60 F

    C'est le poète et romancier Marcel Béalu, qui fut d'abord chapelier - dont je vous ai parlé à l'adresse de mon premier blog : http://diereseetlesdeux-siciles.hautetfort.com qui avait repris le titre de ce recueil de Jean Paulhan pour en faire l'enseigne de sa librairie, dans le sixième arrondissement de la capitale, en 1949. Après avoir fermé ses portes en 2019, ce lieu "historique" où Marcel Béalu a reçu quelques belles plumes du siècle vingtième a été revampé en un coffee shop, boutique qui a gardé la même enseigne ! 
    ... Revenons au livre de Jean Paulhan, publié pour la première fois en 1921, divisé en trois nuits, chacune entée de trois récits, en voici le dernier :

     

    Le Pont traversé


         J'aimais peut-être cette jeune femme : ou bien était-elle une amie, ou ma sœur ? Je sais seulement que mes sentiments pour elle étaient certains et tels qu'il n'y avait pas à les rappeler. Elle devait passer à cheval le pont, une seconde femme le devait aussi.

    * * *

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  • Des nouvelles de "Diérèse" 86

    Bonjour à toutes et à tous,

    5 Décembre : Les nouvelles ne sont pas franchement bonnes pour la sortie annoncée en janvier de Diérèse 86. En effet, mon ordinateur (portable) sur lequel je travaille et mène à bien la maquette du futur numéro de la revue m'a lâché aujourd'hui même et je n'ai pas les moyens pour le moment de récupérer le fichier en question pour le finaliser. 
    Je vais bien sûr essayer dès demain de me faire dépanner mais tout cela dans le meilleur des cas prendra du temps... Je vous demanderai donc un peu de patience, et vous tiendrai au courant de la bonne suite je l'espère vivement. Le numéro 86 sortira de toute manière, soyez en sûrs. Amitiés partagées, Daniel Martinez

    6 décembre : En attendant la pleine lune de ce jeudi 8 décembre (visible vers 5h07), je tenais à vous signaler que le fichier contenant Diérèse 86 a bien été récupéré à peu près à la même heure ce matin du sixième jour de décem(brrr) : les délais de parution seront donc tenus. Par parenthèse, un changement de matériel est en vue pour la confection du numéro 87, ce afin d'éviter de nouvelles frayeurs à venir. A bientôt. DM     La suite, en un clic !

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  • Christian Bobin nous a quittés

    "Christian Bobin, qui avait notamment connu un succès de librairie avec « Le Très Bas », est mort à l’âge de 71 ans, a annoncé ce vendredi la maison d’édition Gallimard. Il est décédé « le 23 novembre, des suites d’une grave maladie », a indiqué dans un communiqué son éditeur, Antoine Gallimard. « Lisons Bobin, il nous soigne de la tristesse et du scepticisme, il nous invite à une quête de la joie avec ses mots d’emprunts d’une grande sensibilité (…) Son sourire, sa joie, son humanité vont nous manquer », a-t-il écrit. L’auteur, qui ne se souciait guère de sa réputation, publiait avec régularité des textes courts en prose. Certains ont dépassé 100 000 exemplaires, comme « Le Très-Bas », sur Saint-François d’Assise, en 1992. D’autres sont restés confidentiels. Il venait de publier un roman aux éditions Gallimard, « Le Muguet rouge », et une anthologie « d’œuvres choisies », « Les Différentes Régions du ciel ». Frédéric Beigbeder, journaliste et critique, avait lancé en 1995 : « Bobin est, de loin, l’écrivain le plus célèbre du Creusot », sa ville natale de Saône-et-Loire, à laquelle il était resté attaché. Personnalité du Creusot « Je suis né dans un berceau d’acier », confiait cet automne ce fils d’un professeur en dessin industriel, alors que Le Creusot avait abrité les usines sidérurgiques Schneider au XIXe siècle. Mais, chez lui, pas de roman de l’industrie, de réalisme social, de lutte des classes, au contraire : un art pointilliste, tourné vers la nature et le ciel. « J’ai préféré aller vers ce qui semble ignorer le passage du temps : les fleurs, l’amour dans sa première timidité, l’attente, la beauté d’un visage, le silence, la longue durée… Toutes ces choses que la vie moderne petit à petit commençait à nous enlever, à nous voler », concluait-il. « Être de poésie, solitaire généreux, Christian Bobin nous a offert pendant près de cinquante ans une exploration de thèmes que nous avons tous en partage : le deuil, la sensibilité à la nature, le passage du temps, l’intimité et, toujours, le besoin de recueillement », a salué vendredi dans un communiqué la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak. « Si sa disparition laisse un vide immense, ses livres continueront à nous offrir les plus belles et les plus profondes respirations, celles qui donnent la force de vivre », a-t-elle également déclaré."

    Tous mes regrets à celle qui a partagé sa vie, Lydie Dattas et à ses proches, ses amis fidèles, Charles Juliet, Sylvie Fabre G., Jacques Réda notamment. Je vous donnerai lecture lundi 28 en soirée d'une lettre que ce grand poète m'avait adressée, depuis Saint-Firmin. En partage, Daniel Martinez

    * * *

    "Quand tisonner les mots pour un peu de couleur ne sera plus ton affaire
    quand le rouge du sorbier et la cambrure des filles ne te feront plus regretter ta jeunesse
    quand un nouveau visage tout écorné d'absence ne fera plus trembler ce que tu croyais solide
    quand le froid aura pris congé du froid
    et l'oubli dit adieu à l'oubli
    quand tout aura revêtu la silencieuse opacité du houx

    ce jour-là
    quelqu'un t'attendra au bord du chemin
    pour dire que c'était bien ainsi
    que tu devais terminer ton voyage
    démuni
    tout à fait démuni"

    Nicolas Bouvier, in Le dehors et le dedans (éd. Zoé, 1997)

     

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