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Daniel Martinez
Retour à Johnny Friedlaender, à sa dernière compagne, Brigitte C., qui m'a confié ceci, en quelques lignes :"A l'automne 1954, je suis arrivée rue Saint-Jacques à Paris, espérant pouvoir entrer dans l'atelier de Johnny Friedlaender... l'année de mes vingt ans. Les deux pièces où il évoluait étaient blanches, porteuses du plus grand calme, presque "monastiques"... au mur, Staël, Villon, et la gravure de J. F. "Le Bêtes". Fid (ndlr : son épouse), avec ses mains magnifiques, recevait assise dans l'alcôve et préparait le café.
Tant qu'à faire, il serait préférable d'apprendre à organiser en soi le lot de ses déconvenues, comme l'on sait attendre dans le feu une attaque plus grave d'un feu plus dangereux et dans le dénuement se préparer à un autre dénuement, plus proche encore de la nudité première que dernière. Quelle paix que de se sentir être le diamant contre lequel viennent se briser la douleur et la joie même ! Equivalence alors parfaite.
Daniel Martinez