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Auteurs - Page 10

  • "Le martyre de M. de Palmyre" : Michel Bulteau, éditions du Fourneau, 31/12/1982, 32 pages, 250 exemplaires

    "Enfant terrible" de la poésie, dandy de son état, les puristes lui reprocheront de s'être acoquiné avec certains poètes beat outre-Atlantique, d'avoir un temps eu des atomes crochus avec Andy Warhol, d'avoir initié la poésie dite "électrique" dont Les Deux-Siciles ont rendu compte dans un livre préfacé par Zeno Bianu :

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    Les éditions Le Fourneau ont publié trois fois Michel Bulteau. La première fois en 1982, avec Le Martyre de M. de Palmyre, une nouvelle constituée de trois fragments de journaux intimes puis, en 1983, avec un Calembour qu'Antoine Zettel le directeur, lui avait demandé, et qu'il lui donna malgré qu'il ait avoué n'avoir pas vraiment le sens des jeux de mots. Il s'était fort bien tiré de l'exercice, en y ajoutant une pointe de poésie, qu'on en juge : « Depuis le hold-up du temps, l'or loge dans les pendules. »
    Le nom de Michel Bulteau se retrouve une dernière fois sur une couverture sortie des presses du Fourneau (devenu Fornax) en 2004. Il s'agissait d'une commande de l'auteur à Fornax imprimeur : Londres jaune, imprimé sur vélin jaune pour le compte d'A l'Europe galante.

    Des extraits du Martyre... ci-dessous, pour le plaisir des yeux et pas seulement :

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  • "Les Cœurs purs", de Joseph Kessel, éditions de la Nouvelle Revue Française, 20 avril 1927, 224 pages, 1012 exemplaires

    On ne présente plus Joseph Kessel, que j'ai découvert adolescent avec Le Lion, paru l'année de ma naissance. A mon sens plus palpitant que ne le fut Malraux, dont mon prof de Lettres m'avait demandé comme devoir de vacances d'étudier l'entrée en scène des différents protagonistes dans L'Espoir, en l'an soixante-quatorze. Je m'étais pour aller vite, plutôt ennuyé, passé les cent premières pages. Mais c'est une autre histoire.
    Le livre que je vous présente aujourd'hui regroupe trois titres du romancier et reporter Joseph Kessel, réunis en un seul : Mary de Cork (Gallimard, 1925), une nouvelle confiée préalablement à la Revue des Deux Mondes en 1924 ; Mahkno et sa juive (Éos, 1926), où il revisite la légende d'un anarchiste de pacotille : "Chef de bande, il commence par piller les grandes propriétés, puis fait en partisan la guerre aux Allemands, puis aux bolcheviks, s'allie à eux contre Denikine, s'allie à Wrangel contre les bolcheviks. Avec l'ataman Grigorieff il prend Odessa, le trahit et l'assassine, massacre les juifs, les bourgeois, les officiers, les commissaires, bref, pendant deux années, terrorise l'Ukraine entière par son audace, sa cruauté, sa rapidité de manœuvre et sa félonie." ; et, troisième titre qui clôt Les Cœurs purs  - Le thé du capitaine Sogoub 
    (paru Au Sans Pareil, en 1926). Joseph Kessel précise : "Les trois histoires qui composent ce livre sont véridiques. Selon la lettre et selon l'esprit.".
    J'ai choisi de vous donner à lire un extrait du Thé du capitaine Sogoub, avec le style s'il vous plaît d'un auteur qui l'avait en grand respect.

    Voici :

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  • "Vingt-deux poèmes dédiés", de Mathieu Bénézet, Le Voleur de Talan éditeur, 174 ex. numérotés, décembre 1983, 32 pages

         Né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Mathieu Bénézet nous a quittés dans sa soixante-huitième année, en 2013. Le livre que je vous présente aujourd'hui n'est pas le plus connu de lui, la raison même de mon choix. Il est dédié à Alain-Christophe Restrat (qui a publié, lui, en cette même année 1983 : Quelque chez Le Voleur de Talan également). 
         Le livre de Mathieu qui m'est le plus cher est Ode à la poésie (janvier 1984-janvier 1987) (William Blake & Co. éditeur, 30 mars 1992) : son art poétique en quelque sorte, une leçon de lyrisme qui contraste singulièrement avec un certain minimalisme en vogue dans la poésie actuelle. Ecoutez plutôt :
              "âme de nos pas tu parais à l'instant où nous regagnons le vide
              c'est si difficile en pleine montée de l'enfance de quitter
              les fleurs et le ross

              ignol du désir lèvres humides des haleines lilas
              c'est effrayant chercher que la tristesse de l'homme ne se perde pas
              mais peut-on conserver un charme qui cachait une ruine d'homme..."
    Au sujet du moi en poésie, ce qu'il en disait :
    "Je désire commencer ainsi : le moi est sans littérature. Ou encore le moi est littéraire de part en part. Le moi sans littérature est le moi de naissance - celui dont il faudra porter le deuil après que nous l'avons tué." 

    C'est dans le numéro 142 (décembre 2024) de la Revue Alsacienne de Littérature que Jean-Paul Bota rend hommage à ce poète, ses lignes émouvantes : "Sur ta tombe ô mb ou j'applique ma main ligne de vie etc dit Desnos en forme de salut et la pluie qui tombe sur nous la même pluie ô mb et son bruit dessus les feuilles comme le bris de la biscotte et autrefois chez toi rue D. la résidence aux briques rouges et les relectures dans la cuisine à la lumière pénombrée..."

    Le 31 décembre 1985, Mathieu Bénézet, dans une adresse au(x) lecteur(s) :
    "Tu n'imagines pas la difficulté. Ni la peine, la souffrance de qui écrit de la poésie. En proie à l'extrême douleur, le démembrement, parfois l'agonie. Tout écrivain de poésie est, pour lui-même, damné. Il ne te présente que son propre cadavre - oui, tel Van Gogh, hanté par le cadavre de l'autre qu'il identifie pour son moi..."

    Quelques pages extraites de Vingt-deux poèmes dédiés :

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