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Diérèse et Les Deux-Siciles - Page 71

  • "Transition", un texte inédit en livre écrit par Jude Stéfan pour "Diérèse" (12/8/2010)

    Jude Stéfan a été professeur au lycée Augustin Fresnel de Bernay où il a enseigné le français, le latin et le grec. Poète, nouvelliste, essayiste, épistolier, moraliste, il a publié de nombreux livres.

    Jude Stéfan est un pseudonyme intentionnellement choisi. Jude : Jude l'obscur de Thomas Hardy ; Stéphen, le héros de Joyce : « steorfan », terme à propos duquel l'auteur écrit : « en vieil anglais steorfan veut dire mourir/ et si j'en retranche l'or/ reste ma vie terne » (Jude Stéfan, Cahier 8, éd. Le Temps qu’il fait, Cognac, 1993, p. 86). Il espérait « ne pas voir le XXI e siècle, car la littérature aussi s'éteindra au profit des images » - serait-il le seul à le penser, et pour des motifs pas seulement littéraires ? Il s'est éteint le 11 novembre 2020, à 90 ans.
    Il a participé à deux numéros de Diérèse, "Transition" (comme chacun l'aura compris, dérivé de "transi") a paru dans son numéro 54 (automne 2011), un texte qui vous est donné à lire ici au regard des épreuves corrigées (soit l'ajout d'une virgule, après "inspiré", au bas de la première page). Ce, quelques mois après que le poète avait vu paraître "Que ne suis-je Catulle en ces presque 80 poèmes", Gallimard, février 2010. Il signe ici ses corrections d'épreuves avec les initiales de ses deux noms/prénoms ; ceux de son état-civil en première ligne portent l'initiale de son troisième prénom, Georges. Les envois (qui transitaient toujours par la Poste) de J. Stéfan à votre serviteur étaient dactylographiés (machine à écrire classique, de type Marguerite).
    Sa seconde participation à Diérèse intitulée "Le Brevet des collèges" figure toujours dans mon premier blog www://diereseetlesdeux-siciles.hautetfort.com. Elle a "mystérieusement" disparu du Web.

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    Un château abandonné, envahi par la végétation, dans la Vienne

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  • "Pierre Peuchmaurd témoin élégant", de Laurent Albarracin, L'Oie de Cravan éditeur, automne 2007, 56 pages, 200 exemplaires, 8 €

                                                                                 Je n'ai peur de rien mais la patte du vent 
                                                                                 sur mes lèvres peut me faire tomber.
                                                                                                                         Annie Le Brun 


    Que fait la poésie ? Quel est son effet ? Quelle est son efficience ? Mais non. La poésie n'agit pas. Son verbe est exclusivement et définitivement le verbe être. Elle est. Elle reçoit. Elle prend les coups, ou bien s'exalte de ce qu'elle enregistre. On ne choisit pas. On vit dans la détermination, c'est-à-dire la surdétermination. La poésie de Pierre Peuchmaurd sait cela, que son seul champ d'action est le champ, le chant de l'être. Toutes les métaphores qui le diraient sont valables : poésie miroir du réel (mais alors miroir vivant, miroir réel), poésie sismographe des intensités du monde et de la vie, poésie baromètre des atmosphères mentales, etc. Poésie qui ne peut dès lors qu'osciller entre le constat et l'incrédulité, entre la mélancolie et l'émerveillement. Et cette oscillation n'est pas un froid balayage de tous les états intermédiaires entre ces pôles, non, elle est un affolement de la boussole, avec sensation d'être perdu, sentiment de l'éperdu, grand désespoir et folle acception. 
    Et cette oscillation (cet écartèlement de l'être) n'est jamais aussi grande que lorsqu'elle est concentrée, résumée en un point (en une pointe du monde) où le monde en même temps nous attriste et nous enchante. Ce point, la poésie de Pierre Peuchmaurd très souvent le montre, et elle tire sa grande force de ne faire que désigner ce point, de le laisser être, donc. Poésie qui ne force pas, qui n'œuvre pas, mais poésie qui voit, qui aperçoit le réel travaillé par une sourde contradiction et par une évidence dont on ne peut rien conclure, rien décider.

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  • "Le premier mot", de Pierre Bergounioux, éditions Gallimard, 95 pages, 3/4/2001, 78 F

    Pierre Bergounioux - dont les lecteurs de Diérèse peuvent suivre au fil des numéros le Journal qu'il tient depuis 1980* - a reçu de nombreuses distinctions littéraires, la dernière en date étant le Prix de la langue française, en 2021. Pierre nous en parle in Diérèse 85 ( p. 210-211), de ce Prix ; les pages en question sont encore inédites en livre.
    Une vie dédiée à la littérature, qui a su laisser place à la sculpture, essentiellement sur métal, dont a rendu compte son ami d'adolescence Jean-Paul Michel, in "La deuxième fois" Pierre Bergounioux sculpteur, éd. William Blake and Co, 1998. Pierre écrit, lui : "Le métal nous permet de dominer le monde extérieur et l’écriture permet d’éclairer le monde intérieur, notre âme." ; ou encore :"Les propriétés du métal m'exaltent, son éclat, les formes qu'il peut revêtir... Pas un geste qu'il ne précise ou n'amplifie dans des proportions infinies, de l'aiguille au marteau-pilon, du rouage de montre au bogie de TGV..."

    * publié chez Verdier, 6 tomes parus.

    Pierre Bergounioux a participé jusqu'ici à 11 livraisons de Diérèse, soit : les numéros 62, 68, 73, 74, 75, 76, 77, 82, 83, 84, 85. Anne Thébaud (cf supra) a présenté ainsi à sa sortie le vingt-deuxième livre de l'auteur de La fin du monde en avançant, titre prémonitoire ? Voici ce qu'elle avait alors écrit à propos du Premier mot :

     

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