Diérèse et Les Deux-Siciles - Page 70
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Loránd Gáspár fut un médecin, poète, historien, photographe et traducteur français d'origine hongroise, né en 1925 à Marosvásárhely en Transylvanie orientale (actuellement Tîrgu-Mureș en Roumanie). Etudes secondaires dans cette même ville. Admis à l'Ecole Polytechnique de Budapest en 1943, il est mobilisé quelques mois plus tard.
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"Gérard de Nerval et son temps", Pierre Gascar, éditions Gallimard, 16 janvier 1981, 336 pages
Un livre fascinant par son côté historique et biographique, très documenté, où le poète que l'on sait est l'objet de la plus grande attention, bienveillante à tout le moins. Ledit ouvrage de Pierre Gascar (pseudonyme de Pierre Fournier) n'est pas souvent cité alors qu'il est loin de faire pâle figure face au Cahier de l'Herne publié un an auparavant, où le milieu universitaire ergotait à qui mieux-mieux. L'ouvrage compte quinze chapitres, passionnants, composés sur le ton du récit par un esprit libre - voici le début du huitième, où Pierre Gascar prénomme celui dont il nous conte l'histoire par le menu :
VIII
Gérard a, un soir, chez des amis, rue Miromesnil, un petit accès de délire qui le fait se retrouver, pour un bref séjour, rue de Picpus, une rue bordée de jardins de couvents, pleine de pépiements d’oiseaux et de grêles sonneries de cloches, dans une maison de santé tenue par une dame qui porte un nom de tireuse de cartes ou d’entremetteuse. Mme de Saint Marcel. Il retourne ensuite loger rue de Navarin, chez Théophile Gautier, qui l’héberge, mais, vraisemblablement dans une partie indépendante de son appartement, ce qui explique que, libre de ses allées et venues, Gérard aille souvent, le soir, sans le "bon Théo" rejoindre des amis au café Le Peletier. Il y retrouve en particulier le peintre Paul Chenavard, qui a décidé de vouer son pinceau à la glorification de l’humanité. C’est lui qui, un peu plus tard, voudra peindre sur ce grand thème tout l’intérieur, les murs, les voûtes et même le sol du Panthéon. On l’en détournera en rendant le temple au culte catholique. Dans la vie de Gérard, Chenavard ne cessera jamais de figurer la sagesse, la raison, le Pylade barbu à l’air grave qui, éperdu d’altruisme, ne peut, au fond de lui-même, que juger coupable et, en même temps, que pardonner l’introversion de son ami.
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"D'avant la soif et d'après l'eau", poème du jour
Oublié de toi-même pour n'être plus
qu'un signe de feu entre mille dans l'immobile miroir
parc de la Brèche aux loups à contempler le tracé
d'avions dans la ciellée à les entendre prendre de l'altitudeSur le tapis des pas la terre est un sillage
me font remarquer Gaëlle et Diane
à tes côtés là tout près le soleil quête l'horizon
derrière les pavillons tandis que bondissent
entre les herbes remuées des grenouilles
de si petite taille sous le babil de la lumièreOn ne saura quoi se récuse
dans la retenue du cœur
vivre c'est l'architecture que les yeux gardent en mémoire
la robe et la crinière du peintre d'avant la soif et d'après l'eau
il fait doux les cirrus nous semblent
flocons de l'au-delà
il n'est rien à cette heure pour nous en détournerMais que dire que faire qu'inventer pour satisfaire
le désir d'éternité sans cesse contrarié
l'air violet tremble dans le silence
plus rien que l'image sans cesse répétée
de ce départ sans retour possible
à même le monde transpercé par le temps
Daniel Martinez