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Diérèse et Les Deux-Siciles - Page 68

  • "Coups d'arrêt", Henri Michaux, édition Le Collet de Buffle, 16 pages, 31 octobre 1975, 575 exemplaires

    Cette plaquette, la mienne dédicacée par le poète, a paru dans les conditions décrites dans le tome III des Œuvres complètes de l'auteur dans la Bibliothèque de La Pléiade. Paule Philip, l'éditrice, fonde en 1973, avec l'aide de Claude Royet-Journoud ladite maison d'édition. "Elle rencontre Michaux à un vernissage de ses œuvres au Point Cardinal en 1975, (ndlr : galerie aujourd'hui disparue, sise au 12 rue de L'Echaudé-Saint-Germain) et ose lui demander un texte qu'elle reçoit une semaine après. Michaux fait la mise en page ; mais c'est Paule Philip qui choisit les caractères et la couleur de la couverture... Les relations de Paule Philip avec Michaux, très cordiales, ne se sont pas prolongées après la publication du livre."
    Là où La Pléiade parle de "livre", je préférerais que l'on dise plus simplement "plaquette", et c'était bien le vœu d'Henri Michaux, qui procèdera ainsi avec Lucie Ducel, éditrice et aquarelliste, dont je vous ai conté le périple, et qui habitait rue du Chemin vert dans le onzième parisien, avant son départ vers d'autres cieux. H.M. est en effet resté fidèle jusqu'à la fin de ses jours à cette part de hasard dans la création, à respecter comme tel dans sa survenue. Vision non réductrice voire paradoxale quand l'on sait la notoriété qui était la sienne alors.
    ... Dans les discussions que j'ai pu avoir avec Pierre Dhainaut sur Henri Michaux, revient le plus souvent le côté non conventionnel du poète, qui n'hésitait pas à se tourner vers de petits éditeurs, sans se défaire d'une ligne directrice qui le voulait fermement opposé à son entrée dans la Pléiade justement - comme dans le livre de Poche par ailleurs, qui aurait eu à son sens un effet réducteur : en uniformisant la diversité de ses écrits, une diversité à laquelle tenait tant l'auteur de "Une voie pour l'insubordination".
    La première de couverture suit. Quant aux pages intérieures, non paginées, elles sont maintenues par un agrafage à cheval, en voici quelques lignes :

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  • "Diérèse" 31, hiver 2005-2006, 264 pages, 8 €

    Superbe première de couverture de Pacôme Yerma pour une entrée de Diérèse dans sa huitième année d'existence. L'exergue est de Henri Michaux (je vous parlerai prochainement de ses "Coups d'arrêt") : "L'écriture est un moyen de dépasser l'inexistence". Et de bouleverser le sujet jusque dans son corps perceptif : autrement dit par le transfert qu'opère le lecteur en s'appropriant de ce que l'auteur a porté en lui.

    La revue Triages dans son numéro 17-1 paru en décembre 2005 rend un hommage appuyé et mérité à Ghérasim Luca, qui s'est suicidé le 6 mars 1994 en se jetant dans la Seine depuis le pont Mirabeau. Les textes publiés, qui ont été réunis et présentés par Serge Martin, renvoient aux actes de la journée d'étude Ghérasim Luca "A gorge dénouée" qui s'est tenue le 10 décembre 2004 à l'Université de Cergy-Pontoise.

    Toujours en décembre 2005, dans le numéro 5 de l'éphémère revue de littérature Linea (104 pages) - c'est là son avant-dernier numéro -, on peut découvrir avec intérêt un dossier concocté par Josyane Savigneau sur "Les vies d'Annie Saumont", suivi deux nouvelles inédites de l'invitée. Dans la rubrique "Poèmes", des textes de Max Alhau, Thomas Amouyal, du lituanien Vladas Braziunas, de l'iranien Mohammad Bâgher Kolâhi Ahari, Daniel Martinez, Bernard Moreau, des traductions de poèmes inédits en français de l'italien Sandro Penna par Laurent Chevalier... Par parenthèses, les pages de garde de cette livraison sont difficilement lisibles, le responsable d'atelier devait être débordé - soit, on ne peut que lui pardonner.

    Dans ce numéro 31 paraissent les derniers poèmes confiés à Diérèse de son vivant par Jacques Simonomis, poète et revuiste. De son activité de revuiste, on retiendra qu'après avoir coanimé la revue Soleil des loups, Jacques S., aidé par Yvette son épouse, fondera et animera sa propre revue : Le Cri d’os (40 numéros, de 1993 à 2003), à Paris, durant dix ans (j'ai participé à son numéro sur l'école, sujet porteur...) Un cancer devait l’emporter le 15 février 2005.

    La première de couverture de Diérèse 31 à présent :

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  • "La Tendresse" de Jacques Ancet, Mont Analogue éditeur, juin 1997, 120 pages, 500 exemplaires

    Généralement non mentionné dans la bibliographie du poète, romancier et traducteur Jacques Ancet, ce livre - d'une étonnante proximité avec le réel le plus immédiat, intériorisé à mesure - qu'ont précédés "L'incessant (Flammarion, 1979), La mémoire des visages (Flammarion, 1983) et Le silence des chiens (Ubacs,1990) [qui] constitue en fait le dernier chapitre (que les vicissitudes de l'édition ont empêché de paraître plus tôt) d'un texte écrit entre 1974 et 1984.
    Ce texte, je le vois aujourd'hui non pas comme un récit, c'est-à-dire, malgré méandres et ruptures, une linéarité (commencement, développement et accomplissement), mais, dans le surgissement imprévisible d'une voix et d'une irrépressible altérité, comme un récitatif en quatre mouvements, dont j'ignore s'il pourra un jour être publié en un seul volume intitulé Obéissance au vent." ainsi que l'auteur le précise dans son avant-lire. Signalons que La Tendresse est le second livre publié par Jacques Ancet au Mont Analogue. Le premier fut, en 1996, Silence corps chemin (en fait la réédition d'un texte écrit en 1973, publié initialement par Edmond Thomas).
    ... Ajouter ici que le défunt Mont Analogue a toujours effectué un travail de qualité, il a ainsi pu donner voix à des auteurs tels que Hervé Carn (Avec Sima), Alain-Claude Gicquel, Jacques Izoard (Entre l'air et l'air), Francis Coffinet (Contre le front du temps), Thierry Maricourt (La Limonade sans bulles)... 

    Pour mémoire, Diérèse a eu le plaisir d'accueillir par trois fois Jacques Ancet dans ses numéros 50, 52-53 et 84

    Des extraits de La Tendresse dont voici l'exergue :

    La tendresse prend naissance à l'instant où nous sommes rejetés sur le seuil de l'âge adulte et où nous nous rendons compte avec angoisse des avantages de l'enfance que nous ne comprenions pas quand nous étions enfants.         Milan Kundera

     

     

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