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Hâlés par le dernier soleil d'octobre appliqués à saisir l'invisible qui rôde les courants de l'esprit errent au sein des ruines et de transparentes orchidées saluent au passage
tournent les ocelles de celle qui fut couronnée de poussière et dans le tissu blanc du silence passe devant elle un rai de gloire qui donne à la campagne l'abstraite beauté des commencements
Au fil de ses avancées s'éclaire le cercle de la vallée pour marquer l'image de l'astre même ainsi multiplié entre des cils châtains
le bleu traversé de grands migrateurs réfléchit le laboratoire intime de l'être happé par le mystère d'Agathe qui sent tressaillir sa poitrine qu'elle n'a pas encore appelée soit-elle quand l'heure sera venue
à redéployer les cartes du monde d'Argine à Pallas Athéna de Judith à Rachel en s'attardant sur le premier Charles où glissent et dansent de concert les volumes environnants en attente de paraître
La splendeur adoucit l'épreuve de l'éveil et sur le blanc du globe nul fragment de nerf optique mais l'ouïe d'un cœur assigné à plus d'univers
Charles Juliet est mort le 26 juillet 2024. Les éditions P.O.L travaillaient avec lui à l’édition du onzième volume de son Journal, à partir de l’année 2013. Il en avait décidé le titre : Mes meilleures années. Ce volume était encore en chantier avant sa disparition.
J'ai choisi de vous présenter aujourd'hui ce qu'il a écrit dans le troisième tome de son Journal, sur un peintre qu'il avait en estime, Bram van Velde. Au fil de ces propos rapportés, il apparaît quele monde créé par un artiste associe toutes les composantes réelles autant qu'abstraites, que le commun des mortels n'embrasse que morcelées.
Rien d'apprêté dans ce dialogue à mots couverts entre l'auteur et le plasticien, qui se confie à lui, le plus librement, et sincèrement possible.
Un auteur des plus étonnants que Claude Louis-Combet, que j'ai lu surtout à ses débuts, qui furent tardifs (il commence à publier à 38 ans, avec Infernaux Paluds) et c'est, pour celui qui écrit ces quelques lignes, un plaisir que de remonter dans le temps, en cet automne 1997 où Louis-Combet, parlant de lui-même en tant que narrateur, à la troisième personne du singulier définissait ainsi sa démarche, se référant à une expression à son sens "magique" : "depuis le commencement". Soit : "Le commencement de la phrase qui est le commencement du texte qui est le commencement d'un nouvel épisode d'écriture n'a valeur que de commencement relatif. On n'imagine pas un coureur sans disposer d'un point d'appui sous le pied. Ce point d'appui est occasionnel, accidentel – l'arête résistante et incitatrice d'une pensée, d'une émotion, d'un souvenir, quelquefois simplement d'un mot, d'une expression insistante et obsédante. A partir de là, le texte, construction et déploiement de l'existence aux prises avec elle-même, prend son essor." (revue Conférence n° 5, automne 1997). Ce texte, qui touche à l'auto-analyse, sera repris en novembre 1998 dans Le recours au mythe, chez José Corti. C'est dans le tout premier numéro de Diérèse, paru le 21 mars 1998, que j'ai parlé, sans ambages, d'un livre de l'auteur qui nous intéresse, intitulé Larves et lémures, en pages 18 et 19 de la revue.
Je retranscris ce texte tel quel, en manière d'hommage :