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Diérèse et Les Deux-Siciles - Page 5

  • Partance (1), un poème de Daniel Martinez

     

     

    Hâlés par le dernier soleil d'octobre
    appliqués à saisir l'invisible qui rôde
    les courants de l'esprit
    errent au sein des ruines
    et de transparentes orchidées 
    saluent au passage


    tournent les ocelles de celle qui fut
    couronnée de poussière
    et dans le tissu blanc du silence
    passe devant elle
    un rai de gloire
    qui donne à la campagne
    l'abstraite beauté des commencements


    Au fil de ses avancées
    s'éclaire le cercle de la vallée
    pour marquer l'image
    de l'astre même ainsi multiplié
    entre des cils châtains


    le bleu traversé de grands migrateurs
    réfléchit le laboratoire intime de l'être
    happé par le mystère d'Agathe
    qui sent tressaillir sa poitrine
    qu'elle n'a pas encore
    appelée soit-elle
    quand l'heure sera venue


    à redéployer les cartes du monde
    d'Argine à Pallas Athéna
    de Judith à Rachel
    en s'attardant sur le premier Charles
    où glissent et dansent de concert
    les volumes environnants
    en attente de paraître


    La splendeur adoucit l'épreuve de l'éveil
    et sur le blanc du globe
    nul fragment de nerf optique
    mais l'ouïe d'un cœur
    assigné à plus d'univers


    Daniel Martinez

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  • Charles Juliet "Journal III (1968-1981)", éditions Hachette, 30/03/1982, 360 pages, 70 F

    Charles Juliet est mort le 26 juillet 2024. Les éditions P.O.L travaillaient avec lui à l’édition du onzième volume de son Journal, à partir de l’année 2013. Il en avait décidé le titre : Mes meilleures années. Ce volume était encore en chantier avant sa disparition. 

    J'ai choisi de vous présenter aujourd'hui ce qu'il a écrit dans le troisième tome de son Journal, sur un peintre qu'il avait en estime, Bram van Velde. Au fil de ces propos rapportés, il apparaît que
     le monde créé par un artiste associe toutes les composantes réelles autant qu'abstraites, que le commun des mortels n'embrasse que morcelées.

    Rien d'apprêté dans ce dialogue à mots couverts entre l'auteur et le plasticien, qui se confie à lui, le plus librement, et sincèrement possible.

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    Sans titre, Bram van Velde, 1979

    Voici :

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  • Claude Louis-Combet nous a quittés le 24 novembre 2025

    Un auteur des plus étonnants que Claude Louis-Combet, que j'ai lu surtout à ses débuts, qui furent tardifs (il commence à publier à 38 ans, avec Infernaux Paluds) et c'est, pour celui qui écrit ces quelques lignes, un plaisir que de remonter dans le temps, en cet automne 1997 où Louis-Combet, parlant de lui-même en tant que narrateur, à la troisième personne du singulier définissait ainsi sa démarche, se référant à une expression à son sens "magique" : "depuis le commencement". Soit : "Le commencement de la phrase qui est le commencement du texte qui est le commencement d'un nouvel épisode d'écriture n'a valeur que de commencement relatif. On n'imagine pas un coureur sans disposer d'un point d'appui sous le pied. Ce point d'appui est occasionnel, accidentel – l'arête résistante et incitatrice d'une pensée, d'une émotion, d'un souvenir, quelquefois simplement d'un mot, d'une expression insistante et obsédante. A partir de là, le texte, construction et déploiement de l'existence aux prises avec elle-même, prend son essor." (revue Conférence n° 5, automne 1997). Ce texte, qui touche à l'auto-analyse, sera repris en novembre 1998 dans Le recours au mythe, chez José Corti.
    C'est dans le tout premier numéro de Diérèse, paru le 21 mars 1998, que j'ai parlé, sans ambages, d'un livre de l'auteur qui nous intéresse, intitulé Larves et lémures, en pages 18 et 19 de la revue.

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    Je retranscris ce texte tel quel, en manière d'hommage :

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