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Diérèse et Les Deux-Siciles - Page 7

  • "Le poids et la mesure", un poème de Daniel Martinez

    A mon tour je voyais
    gerbes d'or petits pas
    se confondre 
    à des pensées presque paisibles
    répondre à l'appel d'une transparence
    aux corps étrangère
    et l'étoile et le mot inventer
    le sifflement de l'astre
    l'assemblage du bronze et des corolles
    se frayer un regard dans le Livre des sables

    A mon tour je voyais
    profondes les racines resurgir
    à l'écho d'un rire
    imprégné de neige
    de perspectives aveugles
    comme la main capte pour accueillir
    l'ombre de l'avenir 
    qui agit sur le présent
    belle ma belle contemple
    le monde hostile se déliter
    entre tes doigts de nacre pur
    la Nature cette aînée
    que nous jalousons tant
    qu'à dire qu'à réciter
    de mille façons la Fable
    à seule fin d'attester
    la perfection des essences

    A mon tour je voyais
    la même lave se répandre
    sur l'argile chargé de vie
    à la périphérie des îles
    en soi sans soi
    belle ma belle sache discerner
    entre le poids et la mesure
    la clé de toutes les géométries
    de l'esprit
    ses fumées
    trouées d'éclaircies
    le courbe des herbes folles 
    comme les épaules ploient
    d'elles-mêmes quand à cette heure
    plus rien ne compte
    que ce qui chante
    entre nos lèvres 
    recomposées

    Daniel Martinez

  • Un texte non repris en livre de Jean Malrieu, publié d'abord par "Les Cahiers du Sud", n°373-374, septembre 1963, 344 pages

    Célèbre revue où ont publié tant de grands noms de la littérature, Les Cahiers du Sud ont fêté leur cinquante années d'existence dans ce numéro double n° 373-374 avec un hommage appuyé à Saint-John Perse : des souvenirs et témoignages de Ferdinand Alquié, Louis Brauquier, Marcel Brion, Gabriel d'Aubarède, Georgette Camille, Jean Cassou, Jean Cayrol, René Nelli, Gaëtan Picon, André Chastel, Toursky, Pierre Guerre, Georges-Emmanuel Clancier, Robert Lafont, Raymond Jean, Gabriel Germain. Textes de Gabriel Audisio, Roger Caillois, Jean Tortel, René Ménard, Jean Malrieu, Luc-André Marcel, Robert Rovini, Jean Todrani et Octavio Paz.
    Sans oublier un article du directeur Jean Ballard : "Coup d'œil sur notre demi-siècle", ni une lithographie de Georges Braque pour la circonstance, de toute beauté.

    Le texte de Jean Malrieu que je vous donne à lire ci-après a été republié, 40 années après sa première parution, par la revue Diérèse, dans un supplément à son numéro 21 de mars 2003, supplément dont il ne me reste... plus un seul exemplaire.

    Voici :

     

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  • "L'influence invisible", d'Alain Suied, éditions Le Temps qu'il fait, octobre 1983, imprimé à 300 ex., 32 pages, 32 F.

    En vous reportant à l'ancien blog, ma note du 7 septembre 2020 évoquait le regretté Alain Suied, qui a participé à Diérèse, comme poète autant que traducteur. C'était, en cette année 2020 de sinistre mémoire, une courte note à propos de "La lumière des origines", livre d'Alain Suied paru aux éditions Granit, en 1988. Un auteur de qualité, que fut ce poète et traducteur (1951-2008), né à Tunis (où j'ai dans le temps effectué mes études secondaires, au lycée de Mutuelleville). Traducteur de Dylan Thomas, Paul Celan, John Keats, William Blake (...), mais aussi un être d'une grande modestie. Quelque temps avant de tirer sa révérence, il devait m'écrire : 
    "Le présent désenchanté et aphone que nous traversons nous amène à redoubler d'attention, d'écoute, d'espoir. Mais n'est-ce pas toujours le fardeau lumineux du poète ?
         Dans la proximité,
         Avec gratitude"
    Il ajoutait que l'écriture est à entendre comme "négation positive, en ce sens qu'elle est remise en cause de soi, lueur noire comme un soleil dans la blancheur factice des normes."
    Le poème ci-après est dédié à François-Xavier Jaujard (1946-1996), qui dirigeait les éditions Granit, et fut lui-même traducteur, voici :

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