Diérèse et Les Deux-Siciles - Page 11
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La tête de lion des Ardennes
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"Journal à rebours" de Colette, Librairie Arthème Fayard, 20 mars 1941, 224 pages, 18 frs
"Sans doute pressée par le besoin d’argent, exacerbé par les premières années de guerre, Colette réunit à la hâte divers articles parus pour l’essentiel dans Le Journal, mais aussi dans Candide, Paris-Soir, La Revue de Paris, Le Figaro et Marie-Claire entre 1935 et 1940 pour les plus récents, ainsi que différents textes parus dans des volumes à tirage limité : Affaires de cœur, Cahier Colette, Splendeur des papillons, Le Mystère animal, Maurice Ravel par quelques-uns de ses familiers.
Peu ou pas d’unité thématique entre les textes qui composent le recueil. Le lecteur passe de l’évocation des paysages de Corrèze – Curemonte où Colette et Maurice Goudeket se sont réfugiés après l’exode -, à ceux de Provence pour mieux retrouver ceux de la Bourgogne natale."
J'ai choisi de vous livrer la première version de la saison préférée de Colette, "L'automne", dixième récit de Journal à rebours (un livre qui en totalise vingt-trois) en usant d'une police de caractères violette pour les passages qui seront soustraits de ce même texte par Flammarion in La guirlande des années - ouvrage collectif dans lequel Colette fut publiée aux côtés d'André Gide, Jules Romains, François Mauriac, pour illustrer les quatre saisons, et qui paraîtra, lui, en 1942 :
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"Entre hier et demain", un poème de Daniel Martinez
Dehors sans point d'ancrage
quêtant la montée des signes
tendu plus âpre qu'avant
langue nouée nueuse
et ma toute buée
tu es là qui me parles m'envahis
sous la grenaille crépusculaire
jusqu'à perdre les mots
qui attestent la réalité du monde
ses formes et mouvements
dans la tête de celui en qui se tient
et attend l'univers entier
mâtiné d'un ailleurs
où la fugue où le souffle s'allient
pour le meilleur dirait-onDehors délivré
des viscères du froid
comme offrande consentie
aux ailes ouvertes de l'effraie
sur la toile griffée
et la marque de l'air
soudainement sensible
gardienne des visages anciens
livrés à la matière des brumes
de l'automne qui sonne
d'où s'effluvent les senteurs
et charbonne la parole
au paon de l'horizonDehors avec la sensation
de s'éprouver un instant
seul au monde emporté
au cœur de l'épaisseur
dont l'écho meurt en toi
la bise tourne entre les doigts écorcés
abandonne ses poignées de feuilles
les arbres craquent éventent
les rumeurs alentour
entre fétiches d'ébène
et verroteries de nuées tardives
vers le plus inconnuDaniel Martinez