"Il y a dans l'air, ce matin, l'odeur inimaginable des roses du Paradis." Jorge Luis Borges
De prisa
« Le beau tient dans un cercle… »
Esther Tellermann
Comme les voltes et tourments
de la fuyante pesanteur
flamme liquide elle est
dédicace aux moires de la langue
palais de glace où dérive
l’écho d’un rire fièvre vive
dans le dedans là où
panache de l’iris
rayonnent loin des rimes
des bateaux sans âge
l’or gris à la rive fait mirage
ravive dans ce fragment d’espace
les froides dentelles des amandiers blancs.
Venez senteurs, moiteurs jusqu’au centre
spires & sèves à la périphérie
éclair silencieux veines courant sur les sables
bruissantes aux rouges fontaines,
tissus de vie sur la travée de pierre.
Du noir-vert à la cire la plus translucide
l’univers des choses
est l’instant du présent qui nous manque.
Sous le chiffre des pas une lampe d’éveil
l’âme lisse du bronze
coulée dans le bleu de la bouche
et que dire de plus
au soir du lendemain ?
Les premiers oiseaux du crépuscule.
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