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Diérèse et Les Deux-Siciles - Page 78

  • Vœux pour l'année 2023

    En ce deuxième jour de l'année 2023, je vous présente à toutes et à tous mes Vœux les meilleurs.
    Ce n'est pourtant ni le cœur ni l'esprit tranquilles que j'écris ceci, préoccupé à plus d'un titre par le monde nôtre, "cette pérenne branloire", comme le notait déjà en son temps Montaigne.
    Faute de, certains s'interrogent : n'y aurait-il de stable que le fait d'écrire, comme qui dirait témoigner, autant pour soi que pour les autres, et la vocation de l'homme serait-elle donc, en relisant à l'occasion nos livres d'histoire, de s'entredéchirer, de siècle en siècle et plus violemment encore de nos jours, au risque d'anéantir à terme la terre entière qui nous porte ? Tout est-il joué d'avance ? Au vrai, je ne le pense pas, si l'intelligence reprend le pas en parvenant à réduire dans un premier temps les appétits guerriers caractéristiques de l'année qui vient de se terminer, où les mots mêmes des instances dirigeantes en arrivent à justifier l'inacceptable comme dans les temps anciens les casse-têtes faisaient taire les récalcitrants.
    Mais pas seulement : l'intolérance sous toutes ses formes, et pas seulement guerrière, dérange plus que jamais la paix civile en de nombreux endroits du globe, blesse et le corps et la raison, inversant la logique même d'un édifice en construction permanente qui devrait d'abord nous élever, en réouvrant des horizons nouveaux où l'humanité, le facteur humain précisément ne perdrait pas ses marques, ni son humilité originelle, où la noblesse de cœur aurait le premier mot. Car le pouls réel de l'homme dans l'univers est, in fine, à retrouver. Et lui ne se prête pas aux jeux des pouvoirs de toutes sortes que les uns s'octroient au détriment des autres, persuadés qu'ils sont de la justesse de leurs visées, en reléguant au second plan la vie humaine. Mais à la Vie, permettez-moi je vous prie de mettre la majuscule !...
    Gabriel m'écrivait hier : "Au-delà des violences, des intolérances, des régressions, des brutales idioties de toute sorte que nous voyons et entendons près de nous, efforçons-nous de nous agripper, comme vous l'écrivez, à des 'miettes d'empyrée'. Votre revue affiche cet humanisme, à la fois humble et chargé d'une lumière qu'il nous faut propager, aujourd'hui, demain et toujours."
    Amitiés partagées, Daniel Martinez

         Les idées dansent
         l'eau bondit par les pierres
         décalque ses prunelles 
         entre miettes d'empyrée
         et dilutions d'ailes
         qui se cherchent
         un point d'ancrage
         dessous la peau du Regard
         la vie continue de battre
         malgré... tout

                                     D.M. 

  • "Chemin de garde", par Claude-Henri Roquet, édition de Corlevour, 2007

    De cet auteur fort peu médiatisé, on le sait né le 20 octobre 1933, à Dunkerque où s'est établi avec sa femme Jacqueline un fidèle de Diérèse, Pierre Dhainaut - et qu'il nous a quittés, Claude-Henri Roquet, le 24 mars 2016, à Paris. Poète, dramaturge, essayiste, critique et historien d'art, il est l'auteur d'une trentaine de livres.
    Claude-Henri Roquet a été l'interlocuteur et l'ami de Mircea Eliade et de Lanza del Vasto. Il est notamment l'auteur de Bruegel ou l'Atelier des songes (Denoël, 1987), Jérôme Bosch et l'Étoile des mages (Mame, 1995) et Vincent Van Gogh jusqu'au dernier soleil (Mame, 2000).

    Le mercredi 24 décembre 2008, Jean-Claude Pirotte devait m'adresser pour la Noël ce dessin original de son cru (lavis et encre de Chine sur Arches, 137 x 190 mm). Il accompagnait, ce dessin, le numéro deux d'un exemplaire hors commerce du tirage de tête de Chemin de garde, dont vous avez le descriptif en en-tête. Ne le recherchez pas sur les réseaux sociaux, qui l'ignorent !

    Joyeux Noël et joyeuses fêtes à toutes et tous, de par le monde, vous qui me lisez, et que je remercie du fond du cœur. Avec mes amitiés partagées, Daniel Martinez

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  • Nuages fuyants de décembre, Daniel Martinez

    Nuages fuyants de décembre


    Effleurant note à note
    Morgane et les ronds de sorcière
    les vertèbres crispées de retenir
    de part et d'autre de la vitre
    ce que le silence de chacun couvre 
    particules oiseaux transparents
    ou stylet de givre au plus secret de soi
    s'épuise la mémoire des couleurs


    Tu es là Paul sous l'aube noire
    qui ne me regarde pas
    attendant de retrouver intubé
    la respiration la première pierre du chemin
    celle qui vient et se retire
    derrière la corniche des années
    dormiraient-elles dans leurs ailes
    sans pesanteur


    De longues dames suivent les remparts de sel
    gardés par une atlante bègue
    le delta de tes yeux évente
    la commune grisaille assiégée
    d'aboiements silencieux
    aux cent bras aux mille mains
    lentement décrispés
    par le mouvement d'un nuage
    si telle vie sûrement
    s'y love


    A même la gaze de tes poumons
    d'invisibles vomissures
    avec le bourdonnement du vent
    perçu à l'intérieur de sa propre distance
    sans pouvoir autrement qu'effleurer
    l'or des syllabes quand le songe
    en son soupir semble suivre
    le dessin des lèvres


    Et vertes les eaux sur la porte de verre
    effaceront l'image qui est 
    parmi les hautes herbes réfléchies
    la seule inconnue
    elles effaceront d'un trait
    ce dont dénué tu voulus
    t'empoisonner les sangs

    Daniel Martinez