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Sous l'ovale du saule et sur le sentier de si fines herbes en larmes un ciel comme du thé délivrant de leur poids de vieilles couleurs poudreuses fondues dans l'apesanteur
Tu avances là jusqu'aux signes insignifiants jusqu'à la cillée des eaux et ce qui bat drapé de peu de mots compose l'ombre double celle qui te précède accompagne celle qui te suit étreint la terre meuble
Le monde ainsi s'écrit mètre après mètre et l'instant que tu crois vivre tremblant respirant entouré du chœur muet parfaitement immobile d'une substance diurne s'élève vers le grandiose que tisse et détisse l'automne tout un arrière-pays mental flux de doucereuse mélancolie
Guillaume n'est pas loin son Automne malade et adoré ne méritait-il pas le féminin qu'importe il y aura toujours à effeuiller le limitrophe et le lointain un rayon d'eau perçant les mains du Hasard qui puisent à leur amont et s'inventent l'aval
Que te reste-t-il à saisir au juste si ce n'est la rouge vigne vierge aux ailes mouillées aux veines salivantes la bouche violette des liserons ou l'odeur d'encre de l'imprimerie voisine dolente roue des pages tournées une à une jusqu'au cri fluté du courlis cendré tel un hochement d'assentiment
C'est en Haute-Marne, à Choiseul, que naît Yves Simon le 3 mai 1944. Il passe une enfance rêveuse dans les Vosges entre un papa cheminot, André, et une mère infirmière, Yvonne. Le métier de son père lui permet de voyager gratuitement. Bourlingueur en herbe, il a ainsi l'occasion de découvrir Paris et de nombreux coins de France. Lorsqu'il a 15 ans, il navigue déjà entre musique et littérature. Ses passions et centres d'intérêt sont nombreux et d'essence plutôt artistique.
Musicien - ma post adolescence a été bercée par son titre "Ma jeunesse s'enfuit" - romancier, poète à ses heures (Le Souffle du monde, éd. Grasset, 2000), le Prix Médicis lui est décerné pour "La Dérive des sentiments" (éd. Grasset, 1996). J'ai choisi l'un de ses livres le moins cité, qui compte pourtant dans son œuvre : une sorte de Journal, soixante-six notations au fil de l'eau, non datées, sans cohérence apparente mais indirecte, où le poète qu'il est laisse défiler devant nos yeux des instants de vie, des instantanés au sens quasi photographique du terme.