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"Feux follets", un poème de Daniel Martinez

Derrière le mica noir les yeux de Mei
cherchent les miens et le registre chiffré
du sommeil s'éloigne un peu plus
Chemins pointillés des pas
sous le bruissement des roseaux
se profile l'ombre moite d'un château
où faire halte à même le conte des amants pérégrins
qui me renvoie à ma fragilité foncière
l'aurore au creuset de l'étreinte
loge entre les fentes du paravent



Un geai effleure la chambre interdite
aimante le paysage deviné
vers les yeux la gorge le front
distribue ses trilles sur nos corps
d'une orée à l'autre
muscles et nerfs phosphorent inconscients

deux boutons de lys enclavent l'espace inversé
qui s'ouvre en soupirant entre les lignes
arrachées au silence           un appel muet
aux signes avant-coureurs
ainsi ressuscités coiffés de feux follets
des orpailleurs aux ongles d'obsidienne



La nuit est devenue un mythe
et le palais des glaces un vitrail
peuplé d'illusions
                            et puis
tout autour de l'étang
autour de la surface éblouissante de l'étang gelé
car nous sommes toujours en février
les flambées de givre sous les futaies
que le soleil n'avait pas encore réchauffées
la fièvre était la même
impossible de lui donner langue pour dupliquer
le texte inécrit la foudre onirique
à quelques enjambées de l'être
l'équilibre à l'horizon revenu
se veut gardien du sanctuaire


Ce 28 février

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