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Diérèse et Les Deux-Siciles

  • "Un royaume perdu", poème de Daniel Martinez

    Glissant sur les vagues de sable
    les mêmes rythmes perdurent
    touchent les flots du large
    nous ne disposons que de nos doigts
    et des dix lunes de nos ongles
    pour fouiller là des cristaux de roche
    surgis des profondeurs 


    ils nous parlent de la mer absente 
    et des grandes envolées
    des morts jetés aux oiseaux
    des braises dans les bassinoires
    où vacillaient les ombres des vivants
    elles décrivent
                         les frontières incertaines
                         d'un royaume perdu


    sous les transes du Navire
    tiraillé par les souffles
    par les arêtes vives
    d'orageuses géographies
    où vinrent s'échouer
    tant de rêves en échos
    qui troublent continûment
    les marins psychonautes


    Ainsi de chaque instant
    à mesure dissous
    dans le grand Tout
    l'air de toutes parts sent le souffre
    la mémoire d'un âge effacé
    recompose le périple mythique


    Fibres salines et bois des îles
    crêtés d'écume conjurent
    l'âme noire du monde


                                               Daniel Martinez

  • Partance (1), un poème de Daniel Martinez

     

     

    Hâlés par le dernier soleil d'octobre
    appliqués à saisir l'invisible qui rôde
    les courants de l'esprit
    errent au sein des ruines
    et de transparentes orchidées 
    saluent au passage


    tournent les ocelles de celle qui fut
    couronnée de poussière
    et dans le tissu blanc du silence
    passe devant elle
    un rai de gloire
    qui donne à la campagne
    l'abstraite beauté des commencements


    Au fil de ses avancées
    s'éclaire le cercle de la vallée
    pour marquer l'image
    de l'astre même ainsi multiplié
    entre des cils châtains


    le bleu traversé de grands migrateurs
    réfléchit le laboratoire intime de l'être
    happé par le mystère d'Agathe
    qui sent tressaillir sa poitrine
    qu'elle n'a pas encore
    appelée soit-elle
    quand l'heure sera venue


    à redéployer les cartes du monde
    d'Argine à Pallas Athéna
    de Judith à Rachel
    en s'attardant sur le premier Charles
    où glissent et dansent de concert
    les volumes environnants
    en attente de paraître


    La splendeur adoucit l'épreuve de l'éveil
    et sur le blanc du globe
    nul fragment de nerf optique
    mais l'ouïe d'un cœur
    assigné à plus d'univers


    Daniel Martinez

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  • Charles Juliet "Journal III (1968-1981)", éditions Hachette, 30/03/1982, 360 pages, 70 F

    Charles Juliet est mort le 26 juillet 2024. Les éditions P.O.L travaillaient avec lui à l’édition du onzième volume de son Journal, à partir de l’année 2013. Il en avait décidé le titre : Mes meilleures années. Ce volume était encore en chantier avant sa disparition. 

    J'ai choisi de vous présenter aujourd'hui ce qu'il a écrit dans le troisième tome de son Journal, sur un peintre qu'il avait en estime, Bram van Velde. Au fil de ces propos rapportés, il apparaît que
     le monde créé par un artiste associe toutes les composantes réelles autant qu'abstraites, que le commun des mortels n'embrasse que morcelées.

    Rien d'apprêté dans ce dialogue à mots couverts entre l'auteur et le plasticien, qui se confie à lui, le plus librement, et sincèrement possible.

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    Sans titre, Bram van Velde, 1979

    Voici :

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