Diérèse et Les Deux-Siciles - Page 24
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Dans ce livre, peu cité dans la bibliographie de Ionesco, livre (rare) écrit en même temps que paraissait sa pièce de théâtre "Pour préparer un œuf dur", l'auteur nous fait part de sa conception de l'humour. Dramaturge, essayiste, romancier, conférencier, Ionesco a su, par un retour constant sur lui-même et les pistes tracées par sa propre écriture, donner ainsi relief - par ses entretiens ou même ses préfaces - aux non-dits de ses textes, pour y trouver, retrouver de quelque manière, la clef spirituelle : celle qui ouvre les portes du préconscient afin de donner écho à la dynamique interne de ses pièces de théâtre. Un faible avoué pour Rhinocéros, qui colle si bien aux temps présents, faits d'aveuglement consenti.
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"Feux follets", un poème de Daniel Martinez
Derrière le mica noir tes yeux
cherchent les miens et le registre chiffré
du sommeil s'éloigne un peu plus
Chemins pointillés des pas
sous le bruissement des roseaux
se profile l'ombre moite d'un château
où faire halte à même le conte des amants pérégrins
qui me renvoie à ma fragilité foncière
l'aurore au creuset de l'étreinte
loge entre les fentes du paravent
Un geai effleure la chambre interdite
aimante le paysage deviné
vers les yeux la gorge le front
distribue ses trilles sur nos corps
d'une orée à l'autre
muscles et nerfs phosphorent inconscients
deux boutons de lys enclavent l'espace inversé
qui s'ouvre en soupirant entre les lignes
arrachées au silence un appel muet
aux signes avant-coureurs
ainsi ressuscités coiffés de feux follets
des orpailleurs aux ongles d'obsidienne
La nuit est devenue un mythe
et le palais des glaces un vitrail
peuplé d'illusions
et puis
tout autour de l'étang
autour de la surface éblouissante de l'étang gelé
car nous sommes toujours en février
les flambées de givre sous les futaies
que le soleil n'avait pas encore réchauffées
la fièvre était la même
impossible de lui donner langue pour dupliquer
le texte inécrit la foudre onirique
à quelques enjambées de l'être
l'équilibre à l'horizon revenu
se veut gardien du sanctuaire
Ce 28 février -
"Terre des hommes" : Antoine de Saint-Exupéry, éditions Gallimard, décembre 1953, 224 pages, 360 fr
Ce n'est pas l'édition originale - qui date de février 1939 - que j'ai entre les mains, mais une réédition parue moins de deux mois après qu'a été publiée la première mouture dans la collection la Pléiade des œuvres de Saint-Exupéry, avec une préface de Roger Caillois. Le côté Journal de bord de ce livre m'intéresse (quoi qu'il fût récompensé par le Grand Prix du roman de l'Académie française, alors que ce n'en était pas un), recueil qui devait initialement avoir comme titre "Etoile par grand vent".
Dans cette œuvre autobiographique, Saint-Exupéry compile une série d'articles parus dans L'Intransigeant en 1936 (un quotidien de dix pages tirant à 130 000 exemplaires). Des huit chapitres qui composent le livre, j'ai choisi des extraits du cinquième d'entre eux, intitulé "Oasis" : un récit unique en son genre, où l'auteur, recueilli par des fermiers, fait la découverte d'une sorte de "paradis terrestre", où les animaux les plus divers vivent de concert, en bonne intelligence avec le monde humain. C'est en Argentine qu'a lieu cette aventure. Vous y verrez de quelle manière Saint-Ex. conduit par étapes le récit, l'entrée en scène des personnages, le rythme de son écriture même, sans ce pesant d'autres auteurs de son époque, mais bien en rebondissant sur ce qu'il vient juste d'évoquer, d'une phrase, d'un paragraphe à l'autre. On comprend mieux l'éditeur d'avoir ainsi voulu valoriser, en le rééditant post mortem, ce livre en particulier, entre ceux regroupés dans le premier tirage des Œuvres complètes de Saint-Exupéry dans la Pléiade (Courrier Sud - Vol de nuit - Terre des hommes - Pilote de guerre - Lettre à un otage - Le Petit Prince - Citadelle).Voici :