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Pourquoi écrivez-vous ? : Fernando del Paso (1935-2018)

Auteur de six recueils de poésie dont les titres suivent :
Sonetos de lo diario
 (1958)

De la A a la Z (1988)
Paleta de diez colores (1990)
Sonetos del amor y de lo diario (1997)
Castillos en el aire (2002)
PoeMar (2004), Fernando del Paso est né à Londres en 1935. 

Poète autant que romancier, il fait des études en économie pendant deux ans à l'université autonome du Mexique. Fernando del Paso a vécu à Londres pendant 14 ans, où il a travaillé pour la BBC, puis en France, où il a occupé un poste à Radio France Internationale avant de devenir brièvement consul général du Mexique. Il a reçu le prix international Alfonso-Reyes en 2013 et le prix Cervantes en 2015.

 

 

 


Enfant, j’ai vu un film où il y avait un écrivain : il ne se servait pas d’une plume d’oie, mais d’une machine à écrire et le bruit de sa Remington m’a ravi ; c’est ce qui m’a décidé à écrire, ainsi que la chance de pouvoir apprendre sur une vraie machine - même si la musique n’en était pas aussi jolie - appartenant à l’un de mes oncles qui, à cette époque, voulait également que je devienne écrivain.
Et un jour, je me suis surpris à écrire mon premier livre, José Trigo : je me suis rendu compte que, ce faisant, je voulais en fait réaliser deux choses en une, la première étant de comprendre des aspects de l’histoire de mon pays, le Mexique, et la seconde de jouer avec le langage jusqu’à son épuisement. Mais je suis tombé dans la fascination du langage, qui du coup, a enterré les épisodes historiques que j’avais tenté de faire revivre dans mon livre. Un bel et riche enterrement, s’il en fut !
 Palinuro de Mexico, fut une expérience très différente. En l’écrivant, j’ai découvert que j’étais animé par des impératifs nouveaux, dont celui de mieux comprendre certains aspects de la relation entre mon corps et le monde, entre ma vie et ma mort. Et aussi entre la vie, le corps et la mort à l'épreuve du monde, en parallèle avec mon rapport aux êtres aimés.
Noticias del Imperio, mon troisième roman, dont le sujet est Maximilien du Mexique et son épouse Charlotte, a été, à nouveau, une expérience différente : j’ai commencé à l’écrire parce que je me sentais attiré par le peu que je connaissais d’un splendide mélodrame personnel, et j’ai continué sous l’emprise de tout ce que j’avais ignoré jusqu’alors d’une lamentable tragédie historique, au centre de laquelle on trouve deux personnages beaucoup plus importants que l’archiduc et sa femme : la France et le Mexique. J’ai aussi écrit Noticias del imperio sous une contrainte différente des deux précédentes : la première avait fait de moi un écrivain par amour du langage, la seconde par peur de la vie ; pour la troisième, c’est l’histoire qui m’ a attrapé au vol et qui m’a dit qu’elle ne me lâcherait pas tant que je ne l’aurais pas réinventée. 
Quant au bruit que font réellement les machines à écrire, à vrai dire je ne l’aime pas ; sauf dans les vieux films qui passent à New York.


Fernando del Paso

Prochain invité : l'écrivain et journaliste brésilien Antônio Torres

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