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  • "Les Deux-mondes", un poème de Daniel Martinez


    Ce qui en toi mûrit prétend prédire
    la musique des formes 
    et des pensées à naître
    au sortir de l'iris
    les Deux-mondes enlacent
    des tourbillons de lierre
    aux vertus hypnotiques

    dansant comme diamants sortis 
    des larmes de la déesse


    emportés toi et moi
    par les flous crépusculaires
    sous une pluie bleue nuit
    les oracles parlent 
    au gré des vents encerclés
    par les aigles du temps


    cœur battant mais ce n'est pas le tien
    sens sa chaleur sur ta peau
    bogue hérissonnée
    dans un conte à rebours
    pourrait-on voir
    en dedans projetée
    la singulière incarnation
    d'un vide non sans douceur
    ici et là ouvert 
    à notre propre rencontre


    La marque s'étend
    sur l'écran du réel
    suintent les apparences
    veines et vaisseaux s'échevellent
    jusqu'au Cercle des cercles
    aux orbes concentriques


    si près de la pendule
    l'on compte une à une
    les premières lueurs du jour


    Daniel Martinez