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  • "L'Etang Réal" de Joseph Peyré, éditions Jean Fayard et Cie, 312 pages, mai 1949

    Un romancier un peu oublié que Joseph Peyré, absent du "Dictionnaire des auteurs" Laffont-Bompiani (coll. Bouquins, juin 1984), ailleurs minimisé par Jean-Pierre Damour dans le "Dictionnaire des littératures de langue française" paru chez Bordas en août 1985. Humaniste avant tout, ce qui n'est pas pour me déplaire, d'une qualité d'écriture indéniable, j'ai choisi ce livre peu cité de l'auteur pour le cadre qui est le sien, à part dans l'œuvre du romancier : la Camargue, mais surtout pour la poésie qui en émane.

    Dans ce livre qui reçut à sa sortie une bonne critique, le narrateur a pour nom le docteur Lagarde, figure de la pensée rationnelle, lui qui peu à peu s'avisera que la raison ne saurait épuiser la réalité, ses faux-semblants. Un roman-poème ordonné autour d'un personnage quasiment mythique, qualifié de "revenant", Olav Michelsen. Installé dans une cabane de berger, déjà associée à la mort (sujet de l'extrait choisi plus bas), Olav Michelsen vit à l'abri des intrigues du monde en parfaite harmonie avec les paysages de l'étang Réal, centre du récit.
    Le lecteur découvrira in fine que ce pseudo "revenant"
    n'était pas un mort revenu à la vie, mais un homme qui avait voulu mourir à son passé pour renaître ailleurs. Tout l'art de Joseph Peyré est de laisser paraître la part de mystère qui résiste à l'analyse, dans une nature que l'on a prétendument voulue domestiquée par la culture. Sachant qu'ici, la nature dans sa dimension originelle s'apparente à un personnage...
    Voici :


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