Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Journal de Daniel Martinez, le 20 juillet 2026 (extraits)

A pied le long de la route, un chemin goudronné qu'empruntent les piétons dont je suis, gravissant à mesure le plateau de la Brie française, au-dessus de la ville de Meaux, bâtie comme chacun sait dans une cuvette. Il fait si chaud, j'avance mon sac au dos, comme dans mon jeune âge, le cœur y est toujours, mais les jambes peinent à présent. Dans cette région, beaucoup de plateaux portaient des noms de fermes ou de lieux-dits (par exemple Rocmont, la Cloche, Dormans, Rutel). Je m'arrête dans une échoppe qui vend du pain congelé et des viennoiseries, achète au gérant des lieux un escargot aux raisins secs, abondamment garni de crème pâtissière où prédomine la vanille, un régal ! Assis sur un muret, à contempler un ciel où coule lentement un lait bleu, une nostalgie silencieuse, une ouate, dans une attente figée. Se mettre en accord avec ce qui devant soi se retire pour mieux le rejoindre par la pensée.


Dans le train qui m'a mené jusque-là, j'ai griffonné un poème, pour le plaisir – inachevé, mais qu'importe, voici :

     Ces petits riens qui nous sont
     plus présents que d'être
     l'un de ceux étourdi d'embruns
     emporté au large
     du parfait hasard
     pour la première grande fois


     afin de mieux recréer
     un autre temps celui
     que l'on rêve d'emprunter
     comme de se sentir porté
     par une irrépressible envie
     de tourner la page


     de se désagréger
     dans le blanc des jours
     porteurs d'espoir
     sous les vents contraires
     la course tourbillonnaire


     d'un destin dont les limites
     sans cesse se déplacent
     pour ne nous laisser
     que l'Infini en main.

Le point final est-il bien nécessaire ?, fidèle à l'initiale mouture, on n'y touchera pas.


Il est question de ceci : d'où viennent, où vont ces formes premières que l'on trouve retranscrites à chaque page des livres de la nature, de la pensée, de l'architecture, de l'art ? L'ailleurs et l'ici ne sont pas plus suspects l'un que l'autre, ce qui rend vaine toute singularité absolue, qui ne peut être humaine. Au final, rien n'est plus beau que ce qui ne répond à aucune demande et se développe sur son propre terreau.


Daniel Martinez

 

Les commentaires sont fermés.