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  • Mirage 1, un poème de Daniel Martinez

                                                                        "Et l'unique cordeau des trompettes marines"
                                                                                                               Guillaume Apollinaire

     

    Brûlées par le dernier soleil d'octobre
    appliquées à saisir l'invisible qui rôde
    de sublimes dākīnis
    convoient les courants de l'esprit
    déambulent au sein des ruines
    et de transparentes orchidées 
    les saluent au passage


    quand tel acteur
    surgi là sans façon reprend le rôle
    le monologue de Melville
    poursuivant Moby Dick
    cendres dorées sur les sourcils


    il lève les yeux au ciel
    traversé de grands migrateurs
    se renvoie des suppliques
    l'image se précise entre les semonces
    pour livrer le passage
    fors les assauts du néant


    Lui penche maintenant la tête
    et voit dans son reflet se profiler
    de singuliers états de l'être
    ses déboires ses obsessions ses blessures
    happés sous la suie blanche des jours ordinaires


    où glissent où paraissent coexistent
    les premiers et derniers sentiments
    en passe de s'effacer
    prêts à se prendre
    et s'identifier sans retenue
    aux volumes environnants
    animés par des mains
    porteuses d'une obscure Harmonie.


    Daniel Martinez

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