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  • "Poèmes choisis" d'Edward Estlin Cummings, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Robert Davreu, éditions José Corti, juillet 2024, 272 pages, 20 €

    Maintenant que le temps me fait un peu moins défaut, quoique (les envois de Diérèse 97 se terminent à peine), j'en reviens à Edward Estlin Cummings, découvert avec No Thanks (Non merci), traduit en français par Robert Davreu, en 2011. Le poète y fait référence au refus de son manuscrit par quatorze éditeurs. Cummings a finalement fait publier le recueil à ses propres frais, avec l'aide financière de sa mère, Rebecca. Sur la page de titre, il dispose les noms des éditeurs qui l'ont refusé de manière à former une sorte d'urne funéraire. Le geste est à la fois ironique et provocateur.

    Dans son livre, "Poèmes choisis", Cummings, dont l'écriture est restée célèbre pour ses jeux de mots, ses ruptures syntaxiques et sa typographie déroutante, se montre, parlant de Rebecca Haswell Clarke Cummings (1864-1943), d'une simplicité presque désarmante, mue par le désir de témoigner de l'amour qu'il lui porte, sans détour. 
    Ce poème, tout en délicatesse, fut publié en 1931, alors que sa mère était encore vivante. Ce n'est donc pas une élégie post-mortem, alors qu'on pourrait le croire, à la première lecture.

    Voici la traduction dudit poème par Robert Davreu (signalons s'il en était besoin que l'ellipse du mot "mère" au septième et au quinzième vers revient à mieux le laisser affleurer) :

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